Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers

L'association représentative des 94 000 étudiant.e.s en soins infirmiers de France

International Sérum 57

Allier culture et formation ? Erasmus+ te le permet !

Les soins infirmiers se construisent et se développent au travers de différentes cultures. A l’heure où la mobilité, durant les études, se développe, les étudiant.e.s en soins infirmiers se saisissent également de cette opportunité afin d’enrichir leurs pratiques. En effet, des conventions existent afin d’offrir aux ESI la possibilité de découvrir d’autres cultures et toutes autres façons de voir et penser la santé.

 

Erasmus +, tu connais ?

Le programme ERASMUS attire chaque année près de 25 000 étudiant.e.s français.e.s qui partent lors de leurs études dans l’un des 33 pays proposés par l’échange.
Dans ce programme, la France est très bien placée et arrive en deuxième place juste après l’Espagne.
Tu peux partir pour 1 an, 6 mois ou juste pour un stage. Voici les différentes options que tu pourras choisir si tu décides de tenter l’aventure !
Notre formation, par son attachement à l’université, nous offre la possibilité de participer aux échanges ERASMUS +. Pour cela, ton IFSI doit avoir signé la charte. Si ce n’est pas le cas, tu peux toujours t’inscrire dans les universités de ton choix à l’étranger, mais ATTENTION, tu devras payer des frais d’inscription locaux et non ceux de la France.
Autre condition préalable pour partir : être citoyen.ne de l’Union européenne, automatiquement accordé si tu es citoyen.ne de l’un des pays membres.

 

Travailler, travailler, travailler, travailler, travailler

Sur le plan administratif, ton voyage te demandera de franchir certaines étapes. Tu devras commencer par te renseigner auprès du responsable des relations internationales de ton IFSI. Tu pourras discuter de tes projets, des pays accessibles, de l’organisation générale.

Ensuite, plusieurs documents devront être complétés : une lettre de motivation, une demande de bourse et normalement une lettre de recommandation.

Tu dois savoir que les lieux sont pas illimités, d’où l’importance de construire un projet et d’être sérieux tout au long de son parcours. Pour des raisons financières, plusieurs subventions peuvent t’être accordées, en plus des bourses que tu peux déjà recevoir : la subvention ERASMUS + (mentionnée ci-dessus), des subventions spécifiques de ton université, des subventions des autorités locales (région, département, mairie).

Bassam Djebali, étudiant de l’IFSI de Mondor, membre du collège des élu.e.s à la FNESI, a pu partir en Grèce cette année grâce à Erasmus+ !

Son témoignage : 

Bienvenue au pays de l’« Alpha- Beta », ces deux premières lettres qui donnent le mot alphabet. On se souvient tous d’ailleurs de ces fameuses lettres utilisées en cours de maths ( Δ Π Σ). Pays où l’on a aussi  l’impression de parler avec un dictionnaire d’étymologie. C’est ici, en Crête, célèbre île de la Grêce que je suis venu en Erasmus pour 10 semaines de stages, 5 en cardiologie ( καρδιολογικό / cardiologiko) et 5 en réanimation (μονάδα / monadha).

Comment vous expliquer que ce fut une expérience inoubliable; deux mois et demi riches en découverte, en aventure et en émotion dans cette belle ville d’Héraklion.

Mais qu’est ce que t’es bien parti faire là-bas ? Et pourquoi la Grêce?

Je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a posé ces questions et la réponse est pourtant simple : je suis parti voir ce qui se fait ailleurs ! En effet, je pense que dans notre profession, il est nécessaire de prendre du recul et de garder un esprit ouvert sur nos pratiques. Quand on a la tête plongé dans notre formation depuis 3ans, avec ses forces et ses problématiques, on fini par se mettre des œillères. L’expérience Erasmus+ permet de concevoir les choses sous un autre prisme, s’enrichissant des différences du pays d’accueil et des autres étudiant.e.s venu de toute l’Europe. C’est aussi la force de ce programme : l’Europe vient à toi ! C’est un point de rencontre pour une centaine d’étudiant.e.s sur un campus universitaire avec des langues, des cultures et des opinions différentes mais avec pour seul objectif l’échange et le partage.

Demeure toujours le choix de la destination : « mais c’est la crise là-bas non? ». Effectivement le contexte politique et socio-économique est compliqué et se fait bien sentir sur les hôpitaux qui ne recrutent plus depuis des années et où le manque de matériel se fait réellement sentir. Malgré les conjectures actuelles, le système français reste plutôt performant et efficace, et pourtant on se plaint toujours..! C’est exactement ce qui m’a motivé pour cette destination : je voulais voir ce que c’est de soigner dans un contexte de crise, comment nos collègues se débrouillaient. En 10 semaines, je n’ai jamais entendu un.e infirmier.e râler, et pourtant ils/elles enchaînent souvent un service de jour (7h-14h) avec un service de nuit (21h-7h). Et même avec seulement 2 infirmier.e.s et 2 AS pour 51 lits de cardiologie, l’encadrement des étudiant.e.s se fait dans la joie et la bonne humeur ! Même si ce n’est pas l’idéal, des fois il est bien d’aller voir des conditions pires que les siennes pour se remettre en question et s’inspirer de leurs forces et des solutions trouvées ailleurs.

Erasmus+, c’est donc aussi pour les étudiant.e.s infirmier.e.s ?

Et bien figure toi que OUI ! Depuis que notre formation s’est universitarisée ce programme d’échange est devenu un droit qu’il est encore difficile de faire valoir dans nos IFSI. Je suis effectivement le premier de mon IFSI à y avoir participé et je suis fier de savoir que quatre ESI repartent l’année prochaine.

Et la barrière de la langue ? T’as fais comment ?

Il n’existe que les barrières que l’on se fixe ! Effectivement en Grèce on parle le grec; évident ?! L’anglais m’a permis de communiquer avec les professionnel.le.s et avec certain.e.s patients, les plus jeunes en général. Et avec tous les autres ? Qui a dit qu’il fallait nécessairement des mots pour se faire comprendre ? D’humains à humains on se comprend, encore faut-il en faire l’expérience. Au contraire, n’ayant pas toujours les mots, j’étais obligé de me focaliser sur le non verbal et le para verbal pour comprendre la détresse ou la douleur des patient.e.s. C’était justement l’occasion d’enrichir mes compétences en communication. D’un point de vue pratique, j’ai quand même du apprendre très vite quelques bases; notamment l’alphabet grec : oui, ces fameux hiéroglyphes pour pouvoir lire et vérifier l’identité des patients ! J’ai également du apprendre les nombres afin de pouvoir communiquer les valeurs de la pression artérielle ou de la glycémie. Pour cela, j’ai bénéficié tous les jeudis soir des enseignements du professeur Gareth Owen, célèbre archéologue britannique qui vie en Grèce depuis 25 ans et qui enseigne le grec aux étudiant.e.s Erasmus+ sur le campus.

Vivre au rythme méditerranéen

Χαλαρά, [khalara], est l’un des mot favoris là-bas. Il signifie « cool, take it easy »; ce qui reflète bien le mode de vie crétois. Rien n’est foncièrement grave, il y a toujours une solution. Alors pas la peine de s’énerver si on vous double trois fois pour acheter votre pain ou qu’un motocycliste ne s’arrête pas au feu. Malgré le contexte de crise, les locaux sont d’une grande hospitalité, toujours prêt à vous aider ou à vous inviter pour un mezzé dans une taverne. D’ailleurs il existe une seconde vie après 21h, où ces fameuses tavernes ne désemplissent pas ! Toujours prêt à vous servir de succulent mets locaux. C’était une véritable expérience culinaire, pleine de saveurs, de couleurs et de fraîcheurs, entre fêta, huile d’olive et moussaka!

Erasmus+ m’a transformé : la valeur ajoutée du programme

Aujourd’hui, encore en « DPE » « Dépression Post Erasmus » (jargon estudiantin), je découvre chaque jour que cette expérience m’a littéralement changé. On s’en rend pas tous de suite compte, mais devoir préparer ce voyage, la candidature, le logement, les billets d’avion ou encore la gestion du budget ont renforcé mes capacités d’organisation, de planification et tenir un projet me fait moins peur ! On apprend également a être réellement ouvert d’esprit et adopter une vraie posture d’écoute où tous les points de vue se valent; on fini par en trouver d’autres ensembles. Erasmus+ m’a offert « une famille » avec des amitiés très fortes qui se tissent très vite ! En effet, nous sommes dans le même bateau, loin de nos familles et de notre zone de confort alors on se serre les coudes dans la joie et la bonne humeur.

Enfin, vivre, même une aussi courte période, m’a fait prendre conscience de ce qu’est l’Union Européenne et ses enjeux et surtout en matière de santé. Il s’agit alors d’être toujours uni.e.s dans la diversité et de lutter ensemble pour des conditions de vie et des valeurs communes, la sécurité, la paix, la santé et la préservation de notre planète !

Insolite : le saviez-vous ?

  • Sais-tu comment on dit Hôpital en grec ? νοσοκομείο [Nosokomeio] et oui c’est la racine des maladies nosocomiales !
  • Mais encore une veine ou une prise de sang ? Veine = φλέβα [fléva], n’est-ce pas poétique ces long fleuves où coule le sang. Je m’entends encore annoncer aux patient.e.s la pose d’une voie veineuse en disant « φλέβα καθετήρα παρακαλώ » [fléva cathétéra parakalo] / Prise de sang = αίμα [aima], on entend alors la racine « héma » pour « sang ».
  • Et enfin sache que le mot étranger le plus utilisé à l’international n’est pas anglais mais nous vient du grec : c’est « OK » ! OK c’est en faite l’initial pour όλα καλά [Ola Kala] qui littéralement veut dire « tout est bien ».

Si tu souhaites partir à l’étranger durant ta formation et que tu ne sais pas comment t’y prendre, envoie un mail à international@fnesi.org !

Tanguy GUIBERT, Vice-Président en charge des Affaires Internationales

Delphine SASSUS, Vice-Présidente en charge des Publications et de la Culture

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