Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers

L'association représentative des 90 000 étudiant.e.s en soins infirmiers de France

L’engagement étudiant

A l’approche des présidentielles et des législatives, il est essentiel de rappeler le fonctionnement français et la place de la jeunesse au sein de la politique et de la citoyenneté. Le contexte : 25% de taux de chômage chez les jeunes, précarisation, notamment pour les jeunes diplômé.e.s en soins infirmiers, dégradation des conditions d’exercice et de soins… Le tout dans un climat politique international ayant subi des changements profonds ces derniers mois… La jeunesse n’a pas d’autre choix que de réagir. Les jeunes doivent absolument s’exprimer. L’enjeu est immense, les jeunes doivent être entendu.e.s. L’avenir, c’est maintenant que ça se passe.

La démocratie en France

Son fonctionnement

La démocratie est un des cadres qui régit la République Française. Ceci implique le respect des libertés et l’attribution des différents pouvoirs par un suffrage universel. Les différents pouvoirs que l’on retrouve sont:

 

  • le pouvoir législatif
  • le pouvoir exécutif
  • le pouvoir judiciaire
  • Le pouvoir législatif concerne le vote des lois et le contrôle du gouvernement.  Il se compose de deux organes : l’Assemblée Nationale et le Sénat, qui forment tous deux le Parlement :

– l’Assemblée Nationale est composée de député.e.s, élu.e.s au suffrage universel direct par les citoyen.ne.s tous les 5 ans.

– le Sénat est composé de sénateurs/trices, élu.e.s de façon indirecte (par les représentant.e.s des conseils municipaux, les député.e.s et les conseiller.e.s généraux/ales et régionaux/ales) pour 6 ans.

  • Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement et le chef de l’Etat (Président.e). Le président.e est élu.e au suffrage universel direct tous les 5 ans. Il/elle désigne ensuite son premier ministre et choisissent les différent.e.s ministres du gouvernement. Au niveau régional, le pouvoir exécutif est exercé par le maire et son conseil municipal, les conseiller.e.s généraux/ales (départements), et les conseiller.e.s régionaux/ales, élu.e.s au suffrage universel direct tous les 6 ans.
  • Le pouvoir judiciaire rend la justice et est confié aux tribunaux.

Le champ politique, le gouvernement et le parlement connaît un public âgé. En effet, les jeunes ne sont que très peu présent.e.s dans les instances. Exemple à l’Assemblée Nationale : une seule personne à moins de 30 ans, 181 ont de 50 à 60 ans et 192 ont de 60 à 70 ans. *(source : gouv.fr)

Néanmoins, nous voyons les jeunes s’investir de plus en plus dans les partis politiques “jeunesse” des candidat.e.s mais aussi dans d’autres actions citoyennes.

La citoyenneté  

La citoyenneté représente un statut juridique qui permet aux individus de devenir un.e citoyen.ne. On associe souvent cette citoyenneté aux droits et devoirs de la Nation, au fait de participer à la vie politique mais aussi d’être reconnu.e comme un membre à part entière de la société. Cette citoyenneté voit le jour au moment de la Révolution française.

L'historique du droit de vote

  • 1791 : suffrage censitaire* et indirect
    En 1791, la France est gouvernée par une monarchie constitutionnelle. Dans ce régime, la souveraineté appartient à la Nation mais le droit de vote est restreint.
    *Le suffrage est dit censitaire. Seuls les hommes de plus de 25 ans appelés « citoyens actifs » payant un impôt direct (un cens) ont le droit de voter. Les autres, les « citoyens passifs », ne peuvent pas participer aux élections. Le suffrage est aussi indirect car les citoyens actifs élisent des électeurs du second degré, disposant de revenus plus élevés, qui à leur tour élisent les députés à l’Assemblée nationale législative.
  • 1799 : suffrage universel masculin mais limité
    La Constitution  donne le droit de vote à tous les hommes de plus de 21 ans ayant demeuré pendant un an sur le territoire. Mais il est limité par le système des “listes de confiance”. Le peuple ne désigne donc pas encore directement ses représentants.
  • 1815 : suffrage censitaire
    Défaite de Napoléon Ier à Waterloo (18 juin 1815) entraîne la chute de l’Empire et la mise en place d’une monarchie constitutionnelle, la Restauration. Le suffrage universel masculin est aboli et le suffrage censitaire rétabli.
  • 1848 : suffrage universel masculin et vote secret
  • 1944 : droit de vote des femmes et suffrage universel
  • 1945 : droit de vote des militaires
  • 1946 -1956 : égalité de suffrage en outre-mer
  • 1974 : droit de vote à 18 ans (au lieu de 21 ans)
  • 1992 : naissance de la citoyenneté de l’Union européenne

La citoyenneté, comme nous venons de l’aborder se définit par différents cadres, juridiques et sociaux, mais aussi par des valeurs, ne limitant pas celle-ci à l’exercice du droit de vote.

Ces dernières seront l’expression de chacun.ne selon sa façon de comprendre ce qu’est la citoyenneté. Chaque citoyen.ne s’appropriera ces termes à sa façon.

De manière générale, nous pouvons parler, premièrement, de la civilité qui correspond à une attitude de respect, vis-à-vis des personnes physiques mais aussi des biens matériaux (politesse, transports publics par exemple). C’est ce respect mutuel du monde extérieur par chaque citoyen.ne qui permet une harmonie dans la société.

Nous pouvons évoquer par la suite, le civisme, il s’agit d’agir pour que l’intérêt individuel passe après l’intérêt collectif en ayant conscience de ses devoirs envers la société.

Nous pouvons ajouter à ces deux premières valeurs une dernière, complémentaire, la solidarité. Elle sous entend que les citoyen.ne.s sont des hommes et des femmes à part entière formant un ensemble pour un projet commun qu’est la fraternité. (source: vie-publique.fr)

Source: http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/participation/voter/droit-vote/etapes-conquete-du-droit-vote.html


Une volonté d’engagement

Derrière cette sous représentation des jeunes dans le paysage politique actuel, on observe cependant qu’ils/elles ne sont pas en reste dans la vie de notre société au travers des animations : les étudiant.e.s sont présent.e.s et investi.e.s. En effet, de nombreux jeunes s’engagent dans des projets associatifs. Reconstitutions historiques pour préserver les souvenirs du passé, ouverture d’épiceries solidaires pour les étudiant.e.s en grande difficulté (projet Agoraé de la FAGE), missions humanitaires sur des temps personnels ou dans le cadre de leurs études, actions écologiques, autant de projets que de personnes engagées.

L’engagement, c’est quoi ?

Pour certain.e.s, engagement rime avec quotidien et habitudes, pour d’autres il sera plus ponctuel mais dans tous les cas il sera gage de participations, de rencontres et de responsabilités. Tour d’horizon à travers les témoignages de plusieurs étudiant.e.s de France….

Un étudiant sur Paris, nous résume simplement à travers son sens du terme “engagement” par trois courtes phrases : “C’est beau, c’est important, ça permet de se révéler à soi-même et de développer des compétences, un savoir-être et un savoir-faire.

Une autre étudiante, de l’Ouest de la France, nous parle plus largement de son propre engagement et des valeurs qu’elle lui associe.

“Mon engagement a commencé tôt, j’ai fait parti du conseil municipal des enfants de ma commune. J’ai pu apprendre à partager un espace de discussion, d’échanges sur des projets à concrétiser. Vu notre âge, on était libre d’exprimer nos idées fusantes gorgées de naïveté. A cet âge là, on a encore du mal avec le coût des choses, mais c’est ce qui nous faisait être très inventifs/ves ! Et depuis ça ne m’a jamais vraiment quitté…
A la suite d’une initiation aux premiers secours, au collège, j’ai entendu parler d’une formation de Jeune Sapeur Pompier. Quelques temps plus tard, j’intégrais la formation, avec un réel apprentissage de savoirs, savoir-faire et savoir-être. C’est une expérience tellement riche. Le travail d’équipe, le respect de la hiérarchie, l’expérience des aîné.e.s, tant de choses que je n’oublierai pas et dont je me sers au quotidien. La cohésion, l’adrénaline, les interventions, des moments de vie qui m’ont fait gagner en maturité.

En débutant les études en soins infirmiers, j’ai eu la chance de découvrir les associations étudiantes. Je suis devenue active au sein de mon BDE, ça a été des années  vraiment enrichissantes et ce n’est pas près de se terminer.

S’engager c’est possible partout, tout le temps, il suffit d’en avoir la volonté. L’engagement c’est croire en des valeurs, c’est oeuvrer au service d’une cause, souvent au service des autres, c’est tout ça et bien plus encore.”


L’engagement associatif

Au vue du potentiel “non engagement” des jeunes, de nombreuses études ont été effectuées afin d’expliquer ce phénomène. Nous pouvons en tirer comme conclusion que leur engagement n’en est pas moindre qu’auparavant mais qu’il a tout simplement changer de forme et qu’il se trouve parfois en dehors du champ de vision du système démocratique français.

Afin que ces types d’engagement ne soient pas oubliés et qu’ils soient davantage reconnus, la circulaire “Valls” du 29 Septembre 2015, sur les relations entre les pouvoirs publics et les associations, reconnaît le rôle des associations dans “la construction de réponses originales et pertinentes aux enjeux actuels”. Une première reconnaissance pour tous ces jeunes engagé.e.s !

Envie de s’engager mais en manque d’idée ? Tu peux :

  • participer à des comités et des conseils de quartiers
  • t’informer auprès de ta mairie
  • participer à une ou plusieurs enquêtes publiques
  • devenir bénévole, pompier volontaire, secouriste (formation spécifique à prévoir)

L’engagement citoyen

En France, comme dans de nombreux pays, il est possible de s’investir pour les autres et à tout âge. Mais particulièrement dans l’hexagone, le volontariat est très présent et toujours dans beaucoup de domaines divers et variés, de nombreux organismes permettent d’agir au quotidien. Que ce soit ceux cités précédemment via les étudiant.e.s ou des organismes plus professionnels via le Secours Populaire, les Restos du coeur, les services civiques, donner de son temps pour le bien des autres rentre toujours dans une action dite “citoyenne”.

Les actions citoyennes permettent d’être un.e citoyen.ne investi.e pour une cause. Les notions de participation, de respect, de loisirs mais aussi de devoirs.

Les jeunes face à la politique

Mais quelle vision à de la jeunesse face à la politique? Chaque scrutin est l’occasion d’évoquer le taux d’abstention des jeunes, moment corrélé aussi à l’expression d’idées reçues.

  • “Les jeunes voteront plus tard “

 

77% des jeunes âgé.e.s entre 18 et 30 ans ont voté aux dernières élections présidentielles. Chiffre non loin de leurs aîné.e.s selon l’INJEP.

28% d’entre eux/elles ont participé.e.s au moins une fois à une manifestation et 49% ont déjà signée une pétition. (ANACEJ) Autant de moyens d’expression et d’implication qui divergent de leurs aîné.e.s amenant à l’idée reçue.

 

  • “Les jeunes ne s’intéressent pas à la politique”

 

Il n’y a pas un désintérêt pour la politique, mais une façon autre de s’y intéresser.

Certes un peu plus en retrait de l’électorat, ils/elles ont tendance à se mobiliser de façon collective plus qu’individuelle. L’activisme de la jeunesse est bien réel, elle s’implique dans la défense des droits de l’Homme (mouvements de revendication liés à l’éducation ou à la formation).

  • C’est une génération égoïste qui s’intéresse peu aux autres

La jeunesse innove, les sujets traités ne sont plus ceux uniquement de leurs aînés. Leurs thématiques d’intérêts sont plus axées sur la solidarité, la liberté individuelle, l’enseignement, l’environnement. Ils font peu confiance aux hommes politiques et institutions. Leur engagement se manifeste différemment au travers des associations…

Autant d’idées reçues qui placent la jeunesse dans l’inactivité, et le désintéressement. Or la jeunesse française est investie, elle s’intéresse simplement différemment à celle-ci, et se manifeste différemment. Leurs thématiques d’engagement se sont différenciées de leurs aînés.

Tout l’intérêt est de désormais reconnaitre leurs formes d’engagement et d’abattre ces idées reçues.

Sources : INJEP, Le Monde, ANACEJ


Zoom sur : Un engagement orienté vers la politique par les jeunes et pour les jeunes

Dans chaque région de France se trouve un CRAJEP – un Comité Régional des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire. C’est une coordination d’associations, de fédérations ayant un but de représentation mais aussi d’animation auprès de son réseau. Il met en place des espaces de réflexions collectives permettant ainsi des prises de positions communes.

Le CRAJEP picard a lancé une campagne “c’est ma politique” qui consiste notamment à mettre en place des temps de débats, d’échanges entres citoyen.ne.s pour leur faire prendre conscience que “faire de la politique” ne s’arrête pas qu’aux urnes.]

Les présidentielles 2017 : être critique – programmes de campagne / d’annonces

Les présidentielles arrivant, nombreux/euses sont ceux/celles qui se retrouvent coincé.e.s devant la lecture des programmes politiques. Des abréviations non employées au quotidien, des références peu habituelles, autant de mises en échec face à la lecture et la compréhension d’un programme. Cela ne sera pas sans répercussion sur la vision de la politique. Il est donc temps de s’enlever toutes ces difficultés et d’appréhender au mieux ces programmes, la jeunesse n’étant pas épargnée, il y a un intérêt certain à décrypter ces programmes.

Où s’informer ?

  • sur les sites des candidat.e.s : vous retrouverez leur programme, les dernières actualités, leur agenda
  • aux meetings : les différent.e.s candidat.e.s vont faire leur tour de France
  • à la télévision : cela permet de visionner les débats politiques organisés entre candidat.e.s, d’assister à des entrevues avec les journalistes posant des questions sur les programmes
  • dans les journaux : en lire plusieurs de différents bords politique permet une plus grande vision des idées et des programmes.

Grâce aux nouvelles formes de communication :

  • Twitter : source d’information interactive, prend sa place dans le jeu politique à leurs idées
  • Facebook : live de certains meetings, événements à venir

Quelques Twitters pour suivre l’actu politique...

  • Jeunes_gouv
  • GouvernementFR
  • CNAJEP
  • FAGE
  • FNESI

Rappel des échéances à venir...

  • Les présidentielles:
    • 1er tour: 23 avril 2017
    • 2nd tour: 7 mai 2017

     – Les législatives:

     – 1er tour: 11 juin 2017

     – 2nd tour: 18 juin 2017


Comment voter?

Conditions pour voter aux élections

  • avoir au moins 18 ans la veille du scrutin
  • être de nationalité Française
  • jouir de ses droits civiques
  • être inscrit.e sur les listes électorales

Faire une procuration

  • à une personne (mandataire) inscrite sur les mêmes listes électorales
  • remplir un formulaire soit au commissariat, soit à la gendarmerie, soit au tribunal d’instance

Mélanie VIEVILLE, Trésorière

Ludivine GAUTHIER Secrétaire Générale

Lisa HELIOU, vice-présidente en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

L’engagement étudiant
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