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Interview

2009-2010 est l'année de tous les changements au sein de la formation en Soins Infirmiers ! Avec la mise en place de la nouvelle réforme, la FNESI a souhaité poser des questions au Ministère de la Santé. Courant février 2010, Mme Roselyne BACHELOT NARQUIN, Ministre de la Santé et des Sports, a accordé une interview exclusive à la FNESI avec pour thème : "Le LMD et les ESI". Cette interview a été entièrement réalisée à partir des questions que vous avez eu l'occasion de poser via le site internet. .

Cette interview a été réalisée à partir des questions que vous avez eux l'occasion de poser sur le site internet.

Aujourd'hui, nous vous dévoilons les réponses de madame la ministre suivit de nos commentaires lorsque nous les trouvions utiles.

 

La formation

QUESTION: Aujourd'hui, les nouveaux entrants intégrant la première année seront, une fois diplômés, reconnus grade licence. Dans cette intégration au système universitaire, les formations de puériculture, d'IADE, IBODE et Cadre IDE seront-elles équivalentes à un master ?

REPONSE DE MADAME LA MINISTRE: Je suis très engagée vous le savez dans cette profonde réforme que représente l’intégration des diplômes paramédicaux dans le système LMD. La ré-ingénierie du diplôme infirmier et sa reconnaissance au grade de licence est en effet une première étape. Les infirmiers spécialisés sont tout à fait concernés et d’ailleurs les groupes de travail ont déjà démarré. La méthode que nous employons, qui est garante de la qualité et de l’adaptation des nouvelles études, est en effet toujours la même : d’abord faire le point sur le métier en question, c’est-à-dire sur les activités et les compétences requises, puis dans un deuxième temps décliner la formation nécessaire pour que le nouveau diplômé soit en capacité d’exercer pleinement ce métier. C’est à l’issue de ce travail, travail que nous menons avec les universités, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et bien sûr avec les professionnels eux-mêmes, que découlera la reconnaissance précise du niveau universitaire de ces formations. Ce niveau sera très probablement celui du master pour les formations les plus poussées, mais ce point ne peut être, dans le processus LMD, un postulat de départ : il ne peut être que le résultat d’un cursus de formation rigoureusement repensé, et en lien étroit avec le métier.

 

Sous quelles conditions les formations qui s’ouvriront au niveau Master seront-elles accessibles aux diplômés de l’ancienne Réforme ? Sera-t-il nécessaire de justifier d'une expérience professionnelle pour intégrer d'éventuels masters ?

Là encore, nous devons être totalement cohérents : ce n’est que lorsque les référentiels de formation seront complètement refondus que se dessineront des équivalences pour tel ou tel module, en fonction des formations déjà suivies ou de l’expérience professionnelle des candidats. Il appartiendra aux universités de définir ces parcours. Les conventions multipartites prévoient d’ailleurs expressément que ces sujets soient traités.

 

Au Salon Infirmier, vous avez reconnu que le grade de Licence n’était qu’une étape transitoire vers un diplôme de Licence. Quand comptez-vous rouvrir les groupes de travail ?

J’ai mis en place un groupe de suivi de la réforme LMD pour que cette grande réforme se poursuive. Sa principale mission : tirer un premier bilan du nouveau diplôme au grade de licence. Parallèlement, nous allons développer les volets master et doctorat. Lorsque nous aurons tiré les conséquences de ces avancées, nous irons vers une intégration universitaire plus importante, en lien avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et les universités, qui sont nos partenaires et qui partagent avec moi cet objectif. Mais il faut prendre le temps de réussir la mise en œuvre de cette réponse. Cela suppose de régler les problèmes concrets que nous rencontrons au fur et à mesure. Et tous les IFSI et les universités ne sont pas au même stade d’avancement dans la mise en œuvre de cette étape supplémentaire et je tiens à ce que nous cheminions tous ensemble, en garantissant aux étudiants une formation homogène sur l’ensemble du territoire. Cette démarche progressive est indispensable car je ne veux laisser aucun IFSI sur le bord de la route.

 

La circulaire PHRI montre votre volonté de soutenir la recherche en soins infirmiers. Ne pensez-vous pas que l'émergence et la reconnaissance de la recherche en soins infirmiers doivent être encadrées par des masters ou des doctorats ?

Le programme hospitalier de recherche infirmière est un signal très fort que j’ai voulu adresser à l’ensemble des infirmiers hospitaliers. Je sais que les soignants fourmillent d’idées sur le terrain pour faire progresser leur discipline ; ils ont besoin de temps, de ressources pour tester un outil, valider une pratique, évaluer une démarche de prévention par exemple. Ce sont tous ces hommes et ces femmes auxquels j’ai voulu répondre en lançant ce premier appel à projets, financé à hauteur d’1 million d’euros par an, appel qui a d’ailleurs rencontré un franc succès dès cette année. Un comité, composé en partie de chercheurs, sélectionnera les projets au regard de leur qualité scientifique, de la méthodologie retenue, de l’intérêt pour les patients.Cette première édition du PHRI constitue vraiment pour moi un élément essentiel de l’évolution et de la reconnaissance de la profession infirmière par l’université. Il confirme l’intérêt que portent les infirmiers à la recherche, et la rigueur scientifique dont certains savent déjà faire preuve dans leurs projets. Cela augure donc des perspectives tout à fait passionnantes en termes de suivis de masters et doctorats, et c’est toute la profession infirmière qui va bénéficier de ces avancées.Les infirmiers de terrain devront être encouragés à faire de la recherche et soutenus dans leurs démarches, même bien entendu ceux qui ne souhaitent pas reprendre des études et se lancer dans un cursus universitaire poussé ; c’est pour eux que le PHRI est conçu, pour toutes celles et tous ceux qui ont un projet à cœur, un projet ciblé, qu’ils veulent conduire avec rigueur et méthode.Il n’y a pas, il n’y aura pas un seul modèle d’infirmier, je souhaite valoriser la richesse des parcours et des centres d’intérêt.

 

Le processus de Bologne prône l’étudiant « acteur de sa formation » et les étudiants en soins infirmiers sont demandeurs d’une réelle démocratie étudiante dans les IFSI. Pourquoi ne pas donner une voix décisionnelle au Conseil Pédagogique ?

Ce point est encore en cours de discussion, avec les représentants des écoles et avec les représentants des étudiants. Je sais combien la démocratie étudiante participe à la qualité des études, à la qualité de vie des étudiants et donc à la réussite, et je serai très attachée à ce qu’elle puisse se développer.

COMMENTAIRE FNESI: Les étudiants demandent depuis plus de dix ans un conseil pédagogique décisionnel. Ce point est indissociable d'une démocratie étudiante au sein de nos IFSI. Espérons que le Ministère de la Santé et des Sport se prononcera favorablement à ce pouvoir décisionnel puisque Mme Bachelot nous déclare ici vouloir développer la démocratie étudiante.

 

La qualité

Dans le cadre du processus de Bologne est évoquée l'Assurance Qualité : Quels moyens allez-vous mettre en place pour une évaluation interne puis externe de la qualité de notre formation ?

Vous savez que la démarche qualité est désormais une condition essentielle pour qu’un institut soit agréé. Le conseil régional vérifie que l’institut est bien engagé dans une telle démarche au moment de lui délivrer son autorisation.Les instituts peuvent déjà s’ils le souhaitent entreprendre dans des démarches de reconnaissance externe ; ce sont des démarches volontaires, qui les aident à structurer leurs démarches qualité.

 

Toujours dans un but d'amélioration de la qualité de notre formation, qu'envisagez-vous concernant la formation des formateurs en IFSI ?

Votre question porte sur la formation des cadres, et vous savez que j’ai lancé l’an passé une vaste mission, pilotée par Chantal de Singly, qui a notamment porté sur cette question. J’ai confié à Bernard Verrier, conseiller général des établissements de santé, le soin de veiller à la mise en œuvre des recommandations. C’est l’ensemble de la formation, initiale et continue, que je souhaite adapter.Par ailleurs, interviennent régulièrement en IFSI des professionnels de terrain ; là aussi, le développement des pratiques infirmières avancées doit nous amener à réfléchir à la place de ces professionnels, spécialistes de certaines prises en charge, dans la formation des jeunes professionnels.

 

Les GCS

Actuellement nous constatons que la mise en place des Groupements de Coopération Sanitaire est difficile. Selon vous, comment peut-on expliquer ces difficultés?

Les groupements de coopération sanitaire se sont mis en place progressivement, ils sont aujourd’hui presque tous constitués, sous l’égide des directeurs d’agence régionale de l’hospitalisation et avec l’appui des établissements porteurs. Il faut ensuite un peu de temps pour que tous les intervenants (régions, universités, établissements publics, privés) se concertent, avant d’aboutir à la signature des conventions. Mais le rythme actuel est tout à fait naturel et conforme à nos orientations. C’est un travail très important qui est mené dans les régions, un travail très structurant pour l’avenir, il est donc important que les acteurs se connaissent et prennent le temps nécessaire pour négocier.

 

Les aides sociales et culturelles

Comment expliquer les disparités des aides sociales entre étudiants paramédicaux et étudiants universitaires, notamment dans la valorisation des bourses?

Il faut bien comprendre que l’universitarisation est une réforme de longue haleine, qui va permettre de rapprocher petit à petit des systèmes totalement différents initialement : les niveaux n’étaient pas les mêmes, les cursus de formation non plus, les tutelles étaient différentes... Il y a peu, les infirmiers en formation étaient encore des élèves ! Il n’est donc pas étonnant que les systèmes d’aides soient eux-mêmes encore hétérogènes. Ce sont les régions qui définissent aujourd’hui les critères et montants des aides, en respectant un minimum garanti, fixé par l’Etat. Les régions délivrent elles aussi des aides d'urgence.J’ai également rappelé par circulaire le 9 juillet 2009 que les étudiants en soins infirmiers ont, du fait de leur affiliation au régime de sécurité sociale étudiante, vocation à bénéficier de l'ensemble des prestations offertes par les CROUS (restauration, hébergement, actions culturelles, actions sociales et aides d’urgence ponctuelles dans les conditions prévues par la réglementation du ministère chargé de l’enseignement supérieur), comme c'est le cas des étudiants inscrits à l’université. Ils participent aux élections des représentants des étudiants aux conseils d'administration des CROUS.

Nous regrettons l'absence de réelle volonté politique qui pourrait fixer le minimum garanti des bourses au même niveau que celles de l'enseignement supérieur. Combien encore faudra t-il de promotions en difficultés sociales avant une réaction forte ?!



A consulter

- Questionnaire: suivi de la réforme
- Les études
- Les aides sociales
- Questions/réponses de la DHOS
 

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