Un an après l’enquête sur le Bien-Etre en Soins Infirmiers : Où en sommes-nous?

Il y a un an jour pour jour, l’enquête sur le mal-être des étudiant.e.s en soins infirmiers est parue au Journal du Dimanche. Les chiffres bouleversants ont permis de briser la glace et d’engager enfin une discussion sur ce qui était étouffé depuis toujours. La situation est trop préoccupante pour que la FNESI ne soit pas force de propositions.

La FNESI a pour rôle d’améliorer les conditions de vie et d’études des étudiant.e.s en soins infirmiers. Leur voix doit être portée dans les différents conseils pour leur permettre de participer à la création de cette vie étudiante. C’est pour cette raison qu’il est important de respecter la place que les étudiants ont au sein de leur formation, que ce soit dans la gouvernance de leur institut ou bien dans les instances de l’université.

L’amélioration des conditions de vie et d’études passe par l’accessibilité aux différents services, comme le SUAPS (Sport Universitaire), ou encore le SUMPS (Médecine Préventive Universitaire). Désormais, les étudiant.e.s supposés inscrits à l’université bénéficient donc des droits afférents à ce statut. Néanmoins, nous savons que l’accès aux soins est une problématique majeure chez les ESI : ces mises en place sont nécessaires. Nous avons un maillage territorial dense et des conventionnements locaux devront être envisagés avec les services de proximité. Dans la dynamique de réorganiser le territoire à l’avantage des étudiant.e.s, des politiques de site doivent être pensées par les différents acteurs de la formation. Les Régions, les ARS, les Universités, les CROUS, ou encore les IFSI devront se mobiliser sur ces changements à prévoir.

Les étudiant.e.s sont aussi impacté.e.s par le coût de la formation. À l’heure où les indemnités de stage sont censées avoir été augmentées, beaucoup en sont encore privés aujourd’hui. Par ailleurs, les frais complémentaires imposés aux ESI par les établissements publics sont au delà du discutable, purement illégale. Les différents acteurs concernés : Ministères, Régions et IFSI ont été mis au courant. Il est de leur devoir de mettre fin à ces dérives inacceptables. La FNESI ne laissera pas s’instaurer un surcoût de l’enseignement public au même instant où nous affirmons l’intégration universitaire de notre formation. Les étudiant.e.s en soins infirmiers ne paieront pas le désinvestissement des pouvoirs publics.

De plus, les conditions d’études doivent être favorables à l’acquisition des connaissances et compétences des étudiant.e.s, que ce soit sur le terrain de stage ou à l’IFSI. Il est donc important que les différents acteurs prennent conscience de leur importance dans le parcours des étudiant.e.s. Les initiatives locales doivent être soutenues et exploitées. Cela pourrait être identifié et sujet à débat au sein du Centre National d’Appui.

Le système de santé vit un bouleversement important : les professionnel.le.s de santé sont en difficulté dans les services et se sentent coupables de ne pas répondre aux besoins de santé du patient. De même, l’encadrement des étudiant.e.s en soins infirmiers pâtit de cette situation : des tuteurs/trices doivent être formé.e.s et avoir du temps détaché et voué à l’encadrement pour que les futur.e.s soignant.e.s acquièrent les compétences professionnalisantes. Toujours dans le soucis de répondre aux enjeux de santé publique, la mise en place d’une évaluation systématique des lieux de stage par les étudiant.e.s devient indispensable. Il/Elle participe à l’évaluation concrète du service qui doit contenir des critères complets afin de pouvoir utiliser l’ensemble des données recensées pour évaluer à plus haute échelle, la qualité des soins d’un établissement. Ainsi, l’intégration de ces critères pourront faire partie  de la certification des établissements.

La FNESI se félicite des victoires améliorant la qualité de vie au quotidien des étudiant.e.s. Cependant, le combat n’est pas terminé, de larges problématiques touchent encore les futur.e.s soignant.e.s et marquent ces professionnel.le.s en devenir. A l’aube de réformes impactant le système de santé français, il est primordial de considérer la prochaine génération de soignant.e.s, leurs aspirations et propositions pour faire évoluer le système d’aujourd’hui et de demain.

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17 septembre 2018 – Un an après l’enquête sur le Bien-Etre en Soins Infirmiers : Où en sommes-nous?