Les Infirmier.e.s de pratique avancée, enfin dans le paysage du système de santé français !

Les Infirmier.e.s de pratiques avancées sont depuis des années maintenant une revendication importante du monde infirmier. Existant depuis les années 1960 au Canada, les IPA ont permis des avancées considérables dans le cadre de la prise en soins et de l’accompagnement du patient.e au long de son parcours de soins. Professionnel.le de santé reconnu à l’international, il arrive enfin en France pour répondre aux enjeux de santé publique.

Pourquoi apparaît-il aujourd’hui?

En réalité, le terme de pratique avancée apparaît depuis 2016 dans la loi de modernisation du système de santé. Cette loi a été mise en place pour répondre aux besoins de santé de la population.

En effet, nous sommes aujourd’hui touchés par l’évolution des besoins de santé publique : virage ambulatoire, augmentation de l’espérance de vie augmentation du nombre de patient.e.s porteurs/euses de pathologies chroniques et polypathologies, suscitant des prises en soins lourdes. A ces changements s’ajoutent un contexte complexe : déserts sanitaires et prises en soins de plus en plus difficiles à assurer.

Les IPA représentent un réel enjeu pour améliorer les prises en charges des patient.e.s. Leur formation de niveau master leur apporte des compétences supplémentaires que l’on sait aujourd’hui manquantes dans le paysage de santé actuel, notamment pour assurer un accès aux soins pour tous.

Bien que présente dans la loi dès janvier 2016, aucun décret d’application ne semblait voir le jour. C’est pourquoi nous avons réaffirmé ce besoin avec la 20aine d’organisations liées à la profession pendant la manifestation du 8 novembre 2016, #SoigneEtTaisToi.

Dans quel cadre?

Les IPA auront des compétences supplémentaires à celles des IDE. En effet, le droit de prescrire des examens complémentaires, d’adapter la posologie de thérapeuthiques precrites, de prescrire des médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire, ou encore la prescription de dispositifs médicaux apparaît. De plus, les IPA seront considéré.e.s comme des expert.e.s dans la mention qu’ils/elles auront choisis au cours de leur master. Oncologie, Pathologies chroniques, polypathologies et soins primaires ou encore Néphrologie, Dialyse et Transplantation Rénale !

Et la formation dans tout ça?

Les étudiant.e.s pourront accéder à un master et obtiendront au bout de deux années d’études, rythmées par des stages et des heures de cours théoriques et travaux dirigés, un diplôme d’état d’infirmier de pratique avancée ainsi qu’un grade master. De nombreux unités d’enseignement seront au rendez-vous : apports cliniques, physiopathologie, pharmacologie et thérapeutiques, raisonnement clinique, recherche, anglais… Il n’y aura pas de quoi s’ennuyer !

Les stages permettront aux étudiant.e.s de découvrir une nouvelle organisation et de s’approprier leurs nouvelles responsabilités. Ils seront orientés vers les structures visées par les étudiant.e.s en fonction de leur mention. Au niveau de l’encadrement, les tuteurs/trices seront de deux profils : IDE et médecin, en attendant qu’il y ait suffisamment d’IPA formé.e.s pour pour assurer le rôle de tuteurs/trices de stage.

Et les limites dans tout ça?

Malheureusement, même si l’apparition de ce nouveau professionnel de soins est encourageant, nous estimons que les textes ne vont pas suffisamment loin.

Nous voulions voir apparaître un vrai décret de compétences alors que finalement ce décret liste presque chaque acte que l’IPA peut réaliser. Par ailleurs, il était important pour le monde infirmier de faire apparaître le terme d’autonomie, de diagnostic ou encore de consultation pour faire reconnaître l’expertise des sciences infirmières.  

D’autre part, IPA et médecin  seront soumis à des protocoles d’organisation, procédure représentant un frein conséquent dans la prise en soins au local et que nous dénonçons : jamais personne n’a mis en place de protocole entre IDE médecin ou médecin pharmacien. L’IPA reste très dépendante de la prise en charge du médecin.

Nous sommes particulièrement aux modalités d’accès qui vont être mises en place dans les universités. A l’heure où nous entrons dans le processus de l’intégration universitaire, il est anormal que ce soit toujours aux étudiant.e.s en soins infirmiers que l’on impose une expérience professionnelle, freinant le rythme et imposant un moyen de financement très conséquent !

Ces premiers textes ne sont qu’un début et représente l’émergence d’une nouvelle organisation du système de santé. Nous sommes attentifs/ves et continueront d’agir pour que ces textes soient revus afin de les faire évoluer et de permettre aux patient.e.s d’avoir accès à des prises en soins dans les meilleures conditions.

Je veux le faire mais où est ce possible ?

Nous le saurons dans le courant de l’été, cependant, nous savons que certaines universités ont déjà proposé une offre de formation comme à Aix-Marseille Université, Université Versailles Saint Quentin, Toulouse, Rennes 1, Université Paris Est Créteil, Nantes, Sorbonne Université, Paris Descartes, Paris Diderot, Rouen, Caen, Dijon, Limoges en co-accréditation avec Bordeaux.

N’hésitez pas à nous contacter notre adresse enseignementsuperieur@fnesi.org sur ce sujet.

Pour plus d’informations, voici le lien vers le site du ministère.

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19 juillet 2018 – Les Infirmier.e.s de Pratique Avancée : un nouvel acteur auprès du patient !