Articles Sérum 58

Sérum 58 – Boîte à outils

Le bizutage ? C’est fini tout ça !

Illégaux depuis 1998, les bizutages continuent de sévir chez les étudiant.e.s en études supérieures. Nous prônons la cohésion et l’accueil des premier.e.s années dans un univers complètement inconnu qui peut être source de stress. Mais comment réussir cet accueil sans craindre les dérives du bizutage ?

Le bizutage est le fait d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaires et socio-éducatifs. Cette pratique est passible d’une peine de six mois de prison et d’une amende de 7500€.

Le passage du week end d’intégration à celui de cohésion !

Il existe de nombreuses techniques pour éviter que vos projets deviennent le cauchemar de certain.e.s. Déjà, il est important de montrer que l’on peut avoir confiance en vous en tant qu’organisateur/trice. Vous devez présenter votre projet en étant totalement transparent.e.s. Vous pouvez faire cela en communiquant le programme du week-end ou de la journée de cohésion. Ensuite, élaborer quelque chose de bien organisé et de construit laissera moins de places aux différentes dérives possibles. Le but est de faire vivre à tou.t.e.s les étudiant.e.s un moment de cohésion où chacun.e se sent à l’aise et en sécurité.

Pour instaurer une certaine confiance entre les organisateur/trice.s et les étudiant.e.s, il peut être judicieux de réaliser une campagne de sensibilisation, d’une durée d’une semaine en amont de l’évènement. Cela permettra de rassurer et d’instaurer un climat de confiance en vue de la manifestation. Vous pouvez aussi laisser un paperboard participatif dans votre IFSI où les étudiant.e.s pourront vous faire part d’animations qu’ils aimeraient avoir au long du week-end ou de la journée. Attention en tant qu’organisateur, vous êtes responsables de l’événement ! A vous de montrer l’exemple !

Lors de ce moment, vous pouvez réaliser de nombreuses activités sans bizuter ! Vous pouvez proposer des soirées à thème, des olympiades, des concours de talents, une clean walk… Vous pouvez également créer un système de parrainage entre un.e premier.e année et un.e deuxième année. Ainsi, s’il/elle le souhaite, il/elle pourra contacter le/la deuxième année pour être conseillé.e ou orienté.e tout au long de son cursus.

Pense bête: 

  • Rédiger un règlement intérieur de l’événement qui sera signé par tou.te.s les participants ;
  • Demander des chèques de caution en cas de préjudice physique ou moral pour responsabiliser les participant.e.s ;
  • Faire signer des formulaires de droit à l’image lors de l’inscription ;
  • Penser au trusted people (personne de confiance) : c’est une personne que chaque participant.e peut joindre à tout moment s’il ne se sent pas à l’aise ou en insécurité.
  • Penser à des dispositifs pour les mineurs (autorisation parentale, bracelet spécifique mention “sans alcool”).

François DESMONS, Vice-Président en charge de la Défense des Droits

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Sérum 58 – Boîte à outils

Sérum 58 – Dans votre asso

ADEIB de Bastia !

L’association des étudiant.e.s infirmier.e.s bastiais (ADEIB) a repris du service en mars 2019 après quelques temps d’inactivité. En seulement quelques mois, le bureau (composé d’une présidente : Ornella Giudicelli, d’une secrétaire : Anna Catalina Bernardi, et d’une trésorière : Anne Gabrielle Marini ) et les membres de l’association ont mis en place beaucoup de projets !

L’ADEIB a plusieurs objectifs : 

  • Développer la vie étudiante : nous souhaitons rapprocher les trois promotions de l’IFSI de Bastia et favoriser l’entraide entre étudiant.e.s. Aussi, nous avons développé des partenariats avec des entreprises locales afin d’améliorer la vie étudiante notamment avec un restaurant qui offre une remise aux étudiant.e.s de l’IFSI de Bastia et une base nautique qui offre une réduction sur ses activités pour les ESI bastiais. Par la suite, nous souhaitons mettre en place une aide aux révisions ! 
  • Participer et mettre en œuvre des actions de prévention : Nous souhaitons être engagé.e.s en faveur de la promotion de la santé. Pour cela nous avons organisé une journée en faveur du Sidaction, en partenariat avec l’association Aiutu Corsu. Grâce à une vente de gâteaux, l’ADEIB a récolté environ 250€ pour la recherche contre le VIH. Nous espérons pouvoir organiser une récolte de fonds en faveur du téléthon cette année. Pour sensibiliser la population à diverses pathologies, nous essayons de publier des articles sur la page Facebook de l’association, lors des journées mondiales en rapport avec la santé. Le 22 juin, l’ADEIB a participé à la journée de sécurité, aux côtés des pompiers, pour sensibiliser les plus jeunes aux gestes de premiers secours et présenter le métier d’infirmier.e ! 
  • Organiser des actions sportives, culturelles, humanitaires ainsi que des animations : afin de mettre en œuvre ses projets, l’ADEIB organise des évènements pour récolter des fonds. La tombola du mois de juin a été un beau succès avec plus de 1 000 tickets vendus ! Au mois de juillet, nous avons organisé un loto. Nous remercions encore les 70 entreprises et commerces qui ont soutenu nos projets en nous offrant des lots à mettre en jeu. Par la suite nous espérons organiser des soirées à thèmes ainsi que des tournois sportifs ! 

Grâce aux fonds récoltés, nous souhaitons soutenir la réalisation de deux stages humanitaires : au Cambodge et au Vietnam, en mai 2020. 

Tous les membres du bureau sont actuellement en 2ème année, nous espérons qu’à notre départ de l’IFSI nous trouverons des étudiant.e.s motivé.e.s afin de reprendre le flambeau ! 

 Ornella GIUDICELLI, présidente de l’association

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Sérum 58 – Dans votre asso

Sérum 58 – Innovation Sociale

Les discriminations, une réalité encore bien trop présente dans notre formation !

Selon l’enquête “Bien Être” de 2017, “36,5 % des ESI estiment en avoir été victime de discrimination depuis leur entrée en formation”. 36,5% qui comprend des remarques sexiste, de dénigrement, de harcèlement, de pointage du doigt ! Sommes-nous en tant que “stagiaire” contraint à vivre cela ? Est-ce normal dans des études de santé où le non-jugement, la bienveillance et l’empathie sont maîtres mots que les étudiant.e.s subissent de tel traitement ?

Les discriminations, au final, qu’est-ce que c’est ?  

Les discriminations s’apparentent à tout traitement inégal d’autrui en raison de sa différence. Ainsi, la lutte contre les discriminations est au centre des préoccupations de la FNESI. Les violences sexistes et sexuelles (VSS) et l’égalité des genres, sujets phares de cette année sont déjà abordés dans nos formations lors des Week-end de Formation Régionaux ou lors des différents Événements Nationaux. En effet, durant les Universités d’été (UE) de juin 2019, des formations ont été faites sur les VSS , l’égalité des genres, le handicap, les risques psycho-sociaux et les actions à faire contre ces discriminations en général ! Des thématiques qui ont su susciter  l’intérêt des étudiant.e.s : de nombreux échanges et témoignages ont pu être partagés. Sur la même dynamique d’interroger les ESI sur les pratiques, des ateliers sur le gestion du stress, l’art thérapie ou encore le sport, ont été mis en place. Ces dernières ont pour but de questionner l’étudiant.e sur ces situations vécues en stage ou en IFSI…

Cette année, après la sortie du Kit Discriminations (clé pour mener une action de sensibilisation sur les discriminations) accessible aux associations adhérentes, un Groupe de Travail sur la lutte contre les discriminations a été renouvelé. Ce groupe de travail a plusieurs objectifs : élaborer une enquête sur les discriminations faites aux ESI durant leur formation que ce soit sur le lieux de stage ou en IFSI, mais aussi créer un serious game permettant d’aborder et de sensibiliser à ce sujet tout type de public.

Le groupe de travail Discriminations est encore ouvert et accessible à tou.te.s ! Cette thématique te tient à coeur ? Tu as envie de passer de spectateur/trice à acteur/trice sur ce sujet ? Envoie un mail à innovation.social@fnesi.org !

“Témoignages” de l’Enquête réalisée

  1. “j’ai été discriminé car trop jeune, trop grosse, trop inexpérimentéeEnquête 2019 : “Ma parole compte sur les discriminations”

Ils pensaient que j’étais trop fragile physiquement car je suis maigreEnquête 2019 : “Ma parole compte sur les discriminations”

=> Le non-jugement est une valeur soignante ! Elle doit aujourd’hui transparaître dans l’encadrement des étudiant.e.s  ! 

2) “J’arrête les études après ma deuxième année à cause d’expérience traumatisanteEnquête 2019: “Ma parole compte sur les discriminations”

=> Combien d’étudiant.e.s devront encore arrêter leur formation pour qu’on reconnaisse enfin les risques psychosociaux inhérents à la formation ?

3) “Je suis dysorthographique et on m’a dit que je ne réussirai pas si je ne faisais pas d’efforts” “Enquête 2019: “Ma parole compte sur les discriminations”

=> Être formé.e en situation de handicap est une réalité et est possible… Il est temps de passer des paroles aux actes au sein de nos propres rangs ! 

Ainsi l’enquête “Ma parole compte sur les discriminations” a été diffusée durant les mois de mai et juin. Les résultats et surtout les témoignages sont alarmants ! 

La FNESI n’a jamais été dans une démarche fataliste : après l’analyse des témoignages, nous devons agir dès maintenant à travers différents leviers : 

  • la formation
  • la sensibilisation (notamment avec l’élaboration d’un Serious Game)
  • l’écoute pour chaque étudiant.e
  • l’accompagnement avec les interlocuteurs compétents en cas de détresse !

Et toi, alors ? Tu veux utiliser le Serious Game pour à ton tour sensibiliser les étudiant.e.s dans ton IFSI ? Envoie vite un mail à innovation.sociale@fnesi.org !

Astrid BONNEL, Vice-Présidente en charge de l’Innovation Sociale

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Sérum 58 – Innovation Sociale

Sérum 58 – Top / Flop / En bref

Les associations étudiantes se mettent au vert ! C’est un plaisir de voir le réseau de la FNESI s’investir dans le développement durable ! Ces actions quotidiennes se sont reflétées jusqu’au Conseil d’Administration de la FNESI où les associations organisatrices ont donné à tou.te.s les participant.e.s des couverts réutilisables en bambou ! 

Au printemps 2019, de nombreux ESI se sont vu refuser le droit de vote aux élections universitaires, notamment aux élections de Paris, Poitiers et de Normandie ! A l’aube des élections étudiantes de la plupart des Universités de France, combien de temps devront encore attendre les étudiant.e.s en soins infirmiers pour être enfin considéré.e.s comme des “étudiant.e.s comme les autres”, promesse des Ministres faite il y a plus d’un an maintenant ? 

Au printemps 2019, de nombreux ESI se sont vu refuser le droit de vote aux élections universitaires, notamment aux élections de Paris, Poitiers et de Normandie ! A l’aube des élections étudiantes de la plupart des Universités de France, combien de temps devront encore attendre les étudiant.e.s en soins infirmiers pour être enfin considéré.e.s comme des “étudiant.e.s comme les autres”, promesse des Ministres faite il y a plus d’un an maintenant ? 

Le Congrès des Régions de France 

Chaque année, le Congrès des Régions de France réunit près de 2000 participant.e.s. Pour cette quinzième édition, c’est le Nouveau Hall du Palais des Expositions de Bordeaux qui aura l’honneur d’accueillir cet événement le 30 septembre et 1er octobre 2019. 

Entre ateliers thématiques, village partenaire, séances de plénières et discours des Président.e.s des différentes Régions, le programme de ces deux journées s’annonce d’ores et déjà chargé !  

Evénement gratuit pour les étudiant.e.s, c’est avant tout l’occasion de rencontrer les acteurs incontournables de notre formation en soins infirmiers ! Soyons force de propositions pour défendre nos conditions d’études ! 

N’hésite pas à prendre ta place sur le site des Régions de France, car la FNESI sera bien entendu au rendez-vous ! 

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Sérum 58 – Top / Flop / En bref

Sérum 58 – International (FR)

Nursing Now, et si les infirmier.e.s du monde allaient plus loin, ensemble ? / Version EN

La campagne “Nursing Now”, tu en as déjà entendu parler ? Non ? Lancée en février 2018, elle est encore très peu visible en France… Son but est de promouvoir la place des infirmier.e.s dans les systèmes de santé, et ce à l’échelle internationale !

A la FNESI, seule organisation représentative des étudiant.e.s, mais qui porte également une réflexion sur l’avenir de la profession, nous souhaitons développer la visibilité de cette campagne pour qu’elle prenne l’ampleur qu’elle mérite ; et tu en seras l’acteur/trice !

Ainsi, dans un but de développement de la culture internationale, nous te proposons cette article en anglais, tu peux retrouver la traduction avec ce QRcode !

Lancée en Février 2018, par sa Majesté Royale, la duchesse de Cambridge, la campagne Nursing Now a pour but de donner aux infirmier.e.s une nouvelle place centrale dans les systèmes de santé du monde entier. Déjà active dans plus de 80 pays, l’impact de la campagne est chaque jour un peu plus important.

5 propositions

La campagne se décline en 5 grands axes majeurs, qui sont :

  1. Être valorisé.e.s et respecté.e.s pour la place central que nous occupons dans les systèmes de santé.
  2. Plus de prévention et de promotion de la santé faites par les infirmier.e.s et pour cela, s’aider des nouvelles technologies, en donnant plus d’espace au/à la patient.e et investir plus dans les soins primaires.
  3. Plus d’implication des infirmier.e.s dans l’élaboration des politiques de santé.
  4. Maximiser la contribution des infirmier.e.s dans l’expansion de la couverture maladie universelle dans les nouveaux systèmes de santé.
  5. Plus de financements gouvernementaux dans la formation des infirmier.e.s, pour l’amélioration des conditions de travail et le développement des capacités de leadership.

Ces 5 propositions ont été édictées pour améliorer la santé globale, redonner du pouvoir aux femmes et renforcer l’économie locale.

2020

Au lancement, il a été prévu que la campagne s’arrête en 2020 pour les 200 ans de l’anniversaire de la naissance de Florence Nightingale. Ainsi, 5 buts principaux ont été imaginés pour être réalisés avant 2020.

Globalement, ceux-ci sont à propos de l’investissement dans la formation et la profession, l’amélioration des pratiques, plus d’influence et de responsabilités des infirmier.e.s dans le monde de la santé.

En attendant cela, le bureau de direction, composé de professionnel.le.s de la santé impliqué.e.s la cause infirmière, font tout un travail d’influence avec les partenaires financiers et politiques du monde pour défendre une meilleure place pour les infirmier.e.s dans les systèmes de santé.

Toi lecteur/trice, maintenant que tu as lu cet article, tu es devenu.e un.e des fers de lance du développement de Nursing Now !

Si tu veux plus d’informations à propos de Nursing Now, comment ça fonctionne ou ce que tu peux faire pour participer à ce projet global pour promouvoir ta future profession, je t’invite à aller visiter leur site internet : www.nursingnow.com ou à envoyer un mail à ai@fnesi.org 

Tanguy GUIBERT, Vice-Président en charge des Affaires Internationales

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Sérum 58 – International (FR)

Sérum 58 – International (EN)

Nursing Now, et si les infirmier.e.s du monde allaient plus loin, ensemble ? / Version EN

Launched in February 2018 by her Royal Highness, the Duchess of Cambridge herself, the Nursing Now campaign aims to give nurses a new central place in health systems all around the world. Already active in more than 80 countries around the world, the campaign’s impact get each day stronger.

5 propositions

The campaign is divided in 5 major axes, which are :

  1. Be valued and respected for their central role into health system
  2. More prevention and promotion of health made by nurses and for that, help themselves with new technologies, give patients more space and invest more primary health care.
  3. More nurse involvement into health policy development.
  4. Maximizing nurse contribution to expanding universal health coverage in new health systems
  5. More financing from governments into nurse student training, work condition improvements and leadership ability enhancement

All of these 5 proposals was edicted to enhance global health, empower women and nurses and finally to strenghten local economy. 

2020

At launch, it was planned that the campaign will stop in 2020 for the 200th anniversary of Florence Nightingale birthday. Thus, 5 main aims were think to be realized before 2020.

Generally, there are about investment into training and the profession, improvement of practice, more influence and responsibilities of nurses on the health world.

Until then, the board of directors, made up of health professionals dedicated to the nursing cause, do influential work with political and financial partners from around the world to advocate for a better place for nurses in health systems.

You reader, now you have read this article you are a spearhead for the development of Nursing Now !

If you want more informations about Nursing Now, how it works or what you could do to participate to this global project to enhance your futur job go visit their website : www.nursingnow.com or send an email at ai@fnesi.org 

Tanguy GUIBERT, Vice-Président en charge des Affaires Internationales

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Sérum 58 – International (EN)

Sérum 58 – Culture

Interview sur le bien-être étudiant : le Professeur Walter Hesbeen

Walter Hesbeen est infirmier et docteur en santé publique. Professeur à l’Université catholique de Louvain (UCL-Belgique), Responsable pédagogique du Groupe francophone d’études et de formations en éthique de la relation de service et de soin (GEFERS-Paris-Bruxelles) et Rédacteur en chef de la revue Perspective soignante. w.hesbeen@gefers.fr

Aujourd’hui, nous avons interrogé Monsieur Hesbeen, auteur de nombreux ouvrages de réflexions soignantes, sur la question du bien-être étudiant. Voici le message qu’il a souhaité transmettre.

“La notion de bien-être renvoie à une perception : le sentiment d’être bien. Un tel sentiment est personnel, le bien-être perçu par l’un n’équivaut pas, dans des contextes pourtant identiques, à celui perçu par d’autres.

Le sentiment de bien-être des étudiants qui poursuivent une même formation et fréquentent un même établissement est ainsi fonction de facteurs multiples. Si certains de ces facteurs sont communs, d’autres sont personnels mais également contextuels le tout se conjuguant pour un bien-être – ou un mal-être -, dont la perception est variable selon l’intensité de ce qui est ressenti par chacun.

Nous pouvons identifier un certain nombre de ces facteurs afin de repérer, selon un contexte donné, ceux sur lesquels agir prioritairement ou plus intensément, soit de manière individuelle, soit de manière collective. Pour ma part, j’en retiendrai cinq ici en précisant qu’il ne s’agit pas d’une énumération exhaustive mais d’une brève présentation des cinq facteurs sur lesquels il m’apparaît le plus important de réfléchir. 

Le premier facteur de bien-être est relatif à l’étudiante ou l’étudiant que je suis. C’est de « moi » dont il est question. Moi dans ma vie de tous les jours, moi dans le choix des études que j’ai opéré et dans le plaisir que j’en retire, moi face aux facilités ou difficultés que je rencontre pour mener à bien mon parcours et tout ce qui caractérise un tel parcours. Moi dans ma manière d’avoir intégré et de m’être approprié les exigences associées à mon « métier d’étudiant » ? Moi dans mon rapport à mon entourage et face à la considération que j’y perçois pour les études que j’ai entamées et le métier que je souhaite exercer. 

Le deuxième facteur est celui de « mon école », c’est-à-dire le lieu où se déroulent mes études. En quoi l’IFSI au sein duquel j’étudie est-il conçu pour faciliter mes études ? Est-il aisément accessible ? Les locaux sont-ils suffisamment spacieux et leur agencement est-il approprié ? Leur esthétique a-t-elle été pensée pour offrir un environnement agréable ? L’atmosphère qui s’y ressent est-elle bienveillante, aidante, apaisante? Le matériel est-il adapté ? Le centre de documentation permet-il un accès aisé aux bases de données et à la littérature et est-il propice à l’étude ? 

Le troisième facteur est celui de la « qualité pédagogique ». Le projet pédagogique de l’IFSI reflète-t-il une ambition riche tant pour la dynamique d’apprentissage que pour l’exercice du métier infirmier ? Les cours et les activités diverses sont-ils pertinents en terme de contenu et des liens facilitant la compréhension sont-ils établis avec la pratique infirmière ? Les enseignants ou les  formateurs favorisent-ils l’appropriation des savoirs et des techniques et leur passion se ressent-elle à l’occasion de leurs interventions ? Leur créativité permet-elle une pédagogie propice à l’envie d’étudier et à l’élévation de la pensée ? Suscitent-ils la curiosité et l’ouverture sur le monde ? Les informations et consignes sont-elles accessibles, cohérentes et compréhensibles par chacun ? 

Le quatrième facteur est celui des « lieux de stage » ? Comment ceux-ci sont-ils sélectionnés par l’IFSI et quelles exigences formelles l’école a-t-elle pour sélectionner ou non un service ou un établissement ? Quels liens y a-t-il entre l’équipe pédagogique et les professionnels et comment les milieux cliniques sont-ils évalués pour la qualité pédagogique des stages et pour la préoccupation éthique dont on y fait preuve en regard des stagiaires ? Comment les stages sont-ils attribués ? Comment les stagiaires y sont-ils préparés et comment y sont-ils accueillis, accompagnés, évalués ? Quelle passion et quelle rigueur émanant des tuteurs et maîtres de stages y perçoit-on ? Quelle importance y accorde-t-on à la bienveillance et quel refus y perçoit-on de la complaisance ?  Comment les situations vécues en stage par les étudiantes et les étudiants sont-elles analysées et mise en perspective avec l’équipe pédagogique afin  d’alimenter et d’affiner la réflexion et concourir au déploiement d’une intelligence soignante de situation ? 

Le cinquième et dernier facteur est celui du « groupe de classe ». En quoi le groupe – une promo – se montre-t-il soucieux de rapports humains harmonieux, empreints de considération et de bienveillance ? Comment y est-on aidé à prendre conscience de l’incompatibilité de certaines manières d’être, de faire et de s’exprimer avec le futur métier d’infirmière ou d’infirmier ? Comment chacune et chacun y est-il éveillé à la rudesse malfaisante que revêtent parfois les comportements ? Quel souci de solidarité y perçoit-on et quel sens de la convivialité y développe-t-on ? Quelle volonté anime le groupe pour qu’une ambiance propice au plaisir d’étudier imprègne la promo et quelle vigilance y déploie-t-on pour repérer les sources de difficulté ? Quels moyens se donne-t-on pour développer des activités extra-scolaires favorisant l’ouverture sur le monde avec la découverte des « choses de la vie », l’étonnement, le goût de l’esthétique et la sensibilité qu’une telle ouverture rend possible ? 

Comme mentionné plus haut, ces cinq facteurs ne recouvrent pas à eux seuls tous les éléments à prendre en compte pour agir sur le bien-être étudiant mais ils me semblent offrir une base sérieuse de réflexion et d’actions et se présentent, de la sorte, comme un socle – ou la fondation – à une telle préoccupation.“

Interview réalisée par Delphine SASSUS, Vice-Présidente en charge des Publications et de la Culture.

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Sérum 58 – Culture

Sérum 58 – Affaires sociales

La RFF, un levier à la précarité de la formation

La précarité étudiante est grandissante et la formation en soins infirmiers par son format et sa densité, 35h de cours théoriques ou de stage par semaine, peut s’avérer encore plus précaire que les autres formations !

Cela limite la possibilité d’avoir une activité salariale en complément. Pour autant, il existe des dispositifs propres à notre formation qui peuvent être un levier à cette précarité. 

Un exemple : La rémunération de fin de formation ! Plus communément appelé RFF !

Lorsque tu as travaillé plus de 610 heures sur les 28 derniers mois, tu peux prétendre à l’allocation de retour à l’emploi (ARE). Pour cela, muni.e de tes attestations de fin de contrat remplies par ton employeur tu peux t’inscrire à pôle emploi. Un rendez-vous te sera donné avec un conseiller et ainsi tu pourras demander à percevoir cette aide.

Ainsi au début de ta formation tu percevras l’ARE. La durée de cette allocation est proportionnelle aux nombres d’heures travaillées.

Lorsque cette allocation arrivera à échéance tu pourras prétendre à la rémunération de fin de formation ou RFF. C’est une allocation gérée par pôle emploi jusqu’à la fin de ta formation (c’est-à-dire pendant les 3 ans). Le montant mensuel est égal au montant journalier multiplié par le nombre de jours du mois, dans la limite de 652,02 € par mois. 

A savoir que cette allocation ne dépend pas de tes revenus ou de ceux de tes parents comme les bourses de l’enseignement supérieur.

Pour qui ? / illustration : logo préfet de la région

    • La RFF est accordée pour les professions dites « en tensions ». C’est-à-dire des métiers pour lesquels des difficultés de recrutement sont identifiées. La liste de ces métiers est établie localement par le préfet de région. Elle est disponible dans ton pôle emploi.
    • Après l’Aide de Retour à l’Emploi (ARE). 
    • Être dans une formation reconnue qualifiante.
    • Astuce : cette rémunération est souvent méconnue, n’hésites pas à en parler a ton conseiller pôle emploi !

Durée de la rémunération

    • La RFF vous est versée mensuellement à terme échu (par exemple, début novembre pour l’allocation du mois d’octobre).
    • La RFF est versée jusqu’à la fin de la formation. Toutefois, la durée cumulée de versement de l’ARE ou de l’ASP (Allocation de Sécurisation Professionnelle) et de la RFF ne peut excéder 3 ans. 
    • En cas d’interruption de la formation pour une durée supérieure à 15 jours calendaires, le versement de la rémunération de fin de formation est suspendu.
    • Le versement de la RFF est subordonné à l’actualisation de votre situation et à votre assiduité.

Démarches à faire

    • Si ta demande est acceptée, Pôle emploi te verse la RFF à l’expiration de tes droits à l’ARE ou à l’ASP.
    • Le délai de réponse au demandeur d’emploi ne doit pas excéder 21 jours à compter de la date de demande d’attribution de la rémunération de fin de formation.

Tu es déjà en formation et tu ne disposes pas de ce dispositif ? Ne t’inquiète pas, tu peux en faire la demande au cours de ta formation afin de finir tes études dans les meilleures conditions possibles !

Si tu n’es pas concerné.e par ce dispositif mais que tu cherches des solutions de financements, tu peux nous contacter par mail : affaires.sociales@fnesi.org.

Bilal LATRECHE, Président

Eugénie NAUD, Vice-Présidente en charge Affaires Sociales

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Sérum 58 – Affaires sociales

Sérum 58 – Vos droits

Les services universitaires

Et si les ESI profitaient de ces nouveaux droits ?

Les services universitaires, kesako ?

Les premiers services au sein des universités furent des structures de restauration et de médecine préventive peu avant la seconde guerre mondiale. Le développement de la dynamique universitaire se fait par la suite avec l’apparition des campus dans les années 1960 et l’accroissement de la démocratie étudiante. Peu à peu, l’Université, qui autrefois servait de lieu d’enseignement supérieur, devient une entité incontournable pour la vie estudiantine ! Mais cette attractivité que connaît aujourd’hui l’Université auprès des étudiant.e.s n’est pas seulement liée à ses maquettes de formations et de recherches, mais bel et bien à ses services dits “universitaires”. 

En effet, un grand nombre d’étudiant.e.s se rendent à la Bibliothèque Universitaire (BU) pour réviser, bénéficient de l’Espace Numérique de Travail (ENT), vont se dépenser au cours de sport du Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives (SUAPS), ou encore se soigner au Service Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé (SUMPPS). C’est l’ensemble de ces aménagements matériels et numériques qu’on appelle les services universitaires. Mais alors comment se fait-il que certain.e.s étudiant.e.s y aient accès alors que ça n’est pas le cas pour d’autres ? Pour pouvoir bénéficier des services universitaires, il faut avoir une carte étudiante qui est délivrée par l’Université lors de ton inscription à celle-ci. Ta carte doit comporter obligatoirement le logo et le nom de ton université ainsi que la vignette “Izly” pour te permettre d’accéder aux services !

Des droits pour tous les étudiant.e.s, ESI compris ! 

Depuis la rentrée 2018, les étudiant.e.s en soins infirmiers de toute la France sont censé.e.s être inscrit.e.s auprès de l’Université à laquelle est rattaché leur IFSI et donc avoir reçu une carte étudiante. Il est possible que certain.e.s en aient deux différentes (une pour l’IFSI et une autre pour l’université). Ainsi, tous les ESI sont présumé.e.s avoir gratuitement accès aux services de la BU, l’ENT, le SUAPS et le SUMPPS de leur université ! Dans le cas contraire ? Envoi vite un mail à vosdroits@fnesi.org

Quand notre voix compte…

Le dernier service universitaire est la participation des étudiant.e.s à la gouvernance de l’université. Une fois tous les 2 ans, chaque Université doit organiser les élections des représentant.e.s étudiant.e.s à ses conseils. Il existe de nombreuses manières de s’investir dans la démocratie étudiante universitaire : Conseil d’Administration (CA), Commission de Formation et de Vie Universitaire (CFVU) contenu dans une Unité de Formation et de Recherche (UFR). Tout comme les élu.e.s de promotion dans nos IFSI, les élu.e.s universitaires ont un rôle de représentant.e et vont siéger dans différentes instances mais pour une durée de 2 ans. Alors que le droit de vote, et d’éligibilité avec, n’est pas accordé aux ESI dans la quasi-totalité des universités françaises, la FNESI se mobilise pour que ce droit soit octroyé dès l’année 2020 !

Si tu n’as pas de carte étudiante délivrée par ton université cette année fais-le nous savoir par mail à vosdroits@fnesi.org

Si tu es intéressé.e pour t’investir dans la démocratie étudiante de ton université, contacte-nous à elections@fnesi.org

Il est important de différencier services universitaires et services du CROUS, auquelle nous avons tout deux accès, (restaurant universitaire, cafétéria, logement universitaire, bourses, etc) qui se complète puisqu’ils sont à destination des étudiant.e.s mais dont la gestion et le fonctionnement restent différents.

Félix LEDOUX, Secrétaire Général en charge des élections et du suivi des élu.e.s

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Sérum 58 – Vos droits

Sérum 58 – Dossier

L’intégration Universitaire

La FNESI se positionne depuis de nombreuses années en faveur de l’intégration universitaire de notre formation.

En 2009, la sortie de notre référentiel actuel a rapproché notre formation de l’université avec l’obtention du grade licence améliorant nos possibilités de poursuites d’études ou encore la mise en place des ECTS et des compétences. Depuis la rentrée 2018, suite à l’annonce du 5 juillet 2018, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) ainsi que le Ministère des Solidarités et de la Santé (MSS), ont annoncé que tou.te.s les ESI doivent être inscrit.e.s auprès de l’université à laquelle est rattaché leur IFSI. 

La première université de France naquit en 1150 à Paris et depuis, leur nombre ne cesse d’augmenter. Il existe aujourd’hui 73 universités sur le territoire national mais les IFSI sont rattachés à seulement 37 d’entre elles. Comment fonctionne et s’organise une université ? 

Tout d’abord, une université est un établissement public d’enseignement supérieur qui dépend du MESRI. Elle peut comporter plusieurs missions comme la formation initiale et continue tout au long de la vie, la recherche scientifique, l’orientation et l’insertion professionnelle. Elle participe aussi à la construction de l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur qui se traduit notamment par les ECTS.

La gouvernance 

La gouvernance centrale de l’Université se compose d’un.e président.e (élu.e pour 4 ans), de l’équipe présidentielle (les vices-président.e.s, les conseiller.e.s et les chargé.e.s de missions) et du conseil d’administration (réunissant un grand nombre d’acteurs/trices de l’université comme les représentant.e.s des professionnel.le.s, des étudiant.e.s, des professeur.e.s, de la région, etc). Le conseil d’administration (CA) est une instance politique et délibérative chargée de voter les budgets et la politique générale de l’université. L’autre conseil délibératif existant au sein de chaque université est le Conseil Académique (CAc). Il est composé de la Commission de Formation et de Vie Universitaire (CFVU) qui se charge de répartir les enveloppes budgétaires selon les formations ou encore des modalités d’évaluations et la Commission Recherche (CR) qui se charge de répartir les budgets destinés à la recherche. Le CA et le CAc sont ce qu’on appelle les conseils centraux. Pour chacun d’entre eux sont élu.e.s des représentant.e.s étudiant.e.s qui vont porter la voix de tou.te.s les étudiant.e.s de l’université pendant 2 années. 

Les UFR

L’université est organisée et structurée par composantes, aussi appelées UFR (Unité de Formation et de Recherche). Elles correspondent à une discipline (UFR Santé, Droit, Lettres et Sciences humaines, etc) et sont chargées de créer des liens entre l’Université et la recherche. Pour illustrer : à Angers, il existe une UFR Santé à laquelle sont rattachées toutes les filières de Santé dont les IFSI alors qu’à Brest il y a une UFR par filière (Médecine, Pharmacie, Odontologie, etc). Les composantes ont une gouvernance qui se compose d’un.e doyen.ne (élu.e pour 4 ans), parfois d’un.e vice-doyen.ne, d’un.e ou plusieurs directeurs/trices d’études et des responsables pédagogiques. Tout comme le conseil d’administration, l’ensemble des acteurs/trices de chaque composante se retrouvent au sein du conseil de l’UFR qui est son instance politique et délibérative. Des étudiant.e.s y siègent aussi afin de participer au bon fonctionnement de leur UFR de rattachement en votant les maquettes de formation ou programmes de recherche par exemple. Dans certaines UFR, nous retrouvons des conseils de département correspondant aux différentes disciplines. Par exemple pour l’UFR Santé : département de médecine, de pharmacie, d’odontologie, etc. 

Aujourd’hui, nous entendons sans cesse parler de l’intégration universitaire des IFSI, mais qu’est-ce que c’est au juste ? C’est un processus complexe qui consiste à renforcer le rattachement d’étudiant.e.s ou de formations à cet établissement d’enseignement supérieur. Il en existe cinq formes différentes, soit cinq façons d’être intégré à l’université. 

Laquelle selon toi se rapproche le plus de l’intégration universitaire des IFSI ? 

L’intégration des cursus = elle consiste en une reconnaissance de la formation de la part de l’Université avec un renforcement de la transversalité entre les formations. Par exemple : 

→ permet une meilleure réorientation des étudiant.e.s 

→ permet une plus grande poursuite d’études après l’IFSI 

L’intégration par les outils = c’est le développement d’outils communs à différents établissements d’enseignement supérieur pouvant relever du domaine du numérique ou de la simulation.

Exemple : mise en place d’une plateforme d’enseignements communs entre les IFSI et l’Université. 

→ permet une meilleure coordination et mise en commun des enseignements

→ permet de renforcer l’interprofessionnalité

L’intégration immobilière = est le fait de rassembler différentes formations au sein d’un seul et même campus ou établissement.  

Exemple : création d’Institut de Formation aux Professionnel.le.s de Santé (IFPS) ou bien d’un campus Santé

→ facilite la mutualisation des enseignements

→ facilite l’interprofessionnalité dans la formation 

→ vecteur de dynamique estudiantine 

L’intégration fonctionnelle = c’est le rattachement des instituts aux UFR de l’Université (souvent sous forme de départements) avec conservation de leur indépendance administrative et juridique. Les étudiant.e.s sont reconnu.e.s comme étudiant.e.s de l’Université et ont donc accès à ses services (BU, SUAPS, SUMPPS, etc).

Exemple : rattachement des IFSI à un département en sciences infirmières faisant lui-même parti d’une UFR Santé tout en gardant le contrôle de ses maquettes de formations. 

→ permet une reconnaissance du statut étudiant 

→ ouverture d’un collège départemental décisionnaire

→ facilite les poursuites d’étude au sein de l’université

L’intégration organique = la formation, la maquette et les formateurs sont sous la tutelle de l’Université. Un rattachement des IFSI à une composante universitaire a lieu (à travers un département ou non), l’équipe pédagogique est composée d’enseignant.e.s universitaires (maîtres de conférence, enseignant.e.s chercheurs) et la direction est élue comme à l’Université (et non pas nommée par les établissements de santé comme actuellement). Les ESI ont accès à tous les services universitaires et participent à la démocratie étudiante de l’Université. 

→ permet une reconnaissance du statut étudiant

→ un renforcement de l’interprofessionnalité 

→ développement de recherche

→ innovation des méthodes pédagogiques 

→ ouverture d’un collège départemental décisionnaire

→ permet un accès à l’ensemble des masters de l’enseignement supérieur

Aujourd’hui la FNESI souhaite l’intégration organique pour tou.te.s les étudiant.e.s en soins infirmiers, c’est ce qu’on appelle l’intégration pleine et entière des IFSI.

Et les IFSI dans tout ça ? Où en est l’intégration universitaire ? 

Jusqu’à présent, les IFSI sont rattachés aux Universités à travers un conventionnement. Une convention est signée entre l’Université, la Région et le groupement d’IFSI (appelé GCS, pour Groupement de Coopération Sanitaire), ce qui lui vaut le nom de “convention tripartite”. Il y est inscrit les noms d’Unités d’Enseignements (UE) qui sont dispensées par l’Université, le financement des enseignements, l’accès aux services universitaires, la délivrance du grade licence et le développement de la poursuite d’études, la participation des ESI aux instances de gouvernance, etc. Il y est également inscrit l’engagement financier de la région dans la formation des ESI. Ainsi, les IFSI sont conventionnés aux UFR et ne sont donc pas pleinement intégrés. 

L’intégration universitaire des IFSI n’est donc pas effective dans la plupart des universités françaises. Cependant, certaines d’entre elles mettent en place des outils et moyens pédagogiques avec les IFSI au travers de la convention tripartite, pouvant ainsi se rapprocher d’une intégration universitaire par les outils ou de cursus. 

Seules deux universités ont amorcé un processus d’intégration fonctionnelle en créant un département en sciences infirmières au sein de leur UFR : l’Université d’Aix Marseille et l’Université d’Angers.

L’Université d’Aix Marseille a créé un nouvel UFR : l’UFR de Sciences Médicales et Paramédicales. Elle regroupe ainsi quatre écoles qui sont régies par une même administration et un même conseil de gestion : école de Médecine, des Sciences Infirmières, des Sciences de la Réadaptation et de Maïeutique.

Les ESI peuvent ainsi voter et se présenter dans les conseils universitaires et pleinement bénéficier de ses services. De plus, la mise en place du Département Universitaire en Sciences Infirmières (DUSI) a permis de renforcer la poursuite d’études en créant des masters en sciences cliniques infirmières. 

C’est la première Université qui a créé un Département en Sciences Infirmières, en 2011 !

Florent Pelletier, étudiant en 2ème année à l’IFSI La Capelette, Marseille : 

Nous avons la chance, à Marseille, d’être dans une formation universitaire. Une expérience de faculté complétée par le suivi régulier de nos référent.e.s pédagogiques, grâce auxquels on comprend qu’on peut à la fois suivre un enseignement à l’IFSI, et à la faculté dans les amphithéâtres des grands hôpitaux de ville.

En plus d’avoir droit à certaines réductions avec la carte étudiante, de nombreux projets nous sont proposés au travers des organismes de faculté, notamment grâce au CROUS, aux associations étudiantes, aides aux envies d’arts, de développement personnel, l’apport culturel, mais également et surtout d’administration; face au monde de la fac. Quoi de mieux que de se sentir membre d’une communauté de plusieurs dizaines de milliers d’étudiants (d’Aix-Marseille, j’entends) ?

Et si certains ne seraient pas convaincus, que diriez-vous de venir avec vos amis réviser à la BU, découvrir un océan de livres pour réussir vos examens et vous instruire personnellement, comme on a tous pu en profiter depuis notre entrée à l’Université ? Il n’y a pas à dire, les études infirmières prennent une toute autre dimension une fois couplées à l’enseignement universitaire.

L’université d’Angers a créé une UFR Santé afin d’inclure les différentes filières dans des départements spécifiques. C’est dans ce contexte que voit le jour la création d’un DUSI en 2016 ouvrant aux ESI l’accès aux services universitaires et une participation à la démocratie étudiante.

Cela a également permis l’élaboration d’un Diplôme Universitaire en Recherche paramédicale, premier pas vers la recherche en sciences infirmières. Des projets sont également en cours sur de la création de masters et même de thèses. 

Perrine Godicheau, étudiante de 2ème année, IFSI du CHU d’Angers :

Au-delà des avantages du SUAPS, RU, BU et logement CROUS, l’Université m’a permis de rencontrer et d’échanger avec de nombreux/ses étudiant.e.s de différentes filières. Grâce à l’université, j’ai eu la chance d’avoir accès et la possibilité de participer à des évènements interfac et de me créer un réseau santé, mais pas que ! C’est aussi l’occasion d’échanger et de découvrir de nouvelles formations. Le dynamisme de l’Université via les évènements culturels sont un réel atout selon moi.

L’Université m’a également permis de faire découvrir la formation infirmière, et ainsi déconstruire de nombreux préjugés. Je rajouterai aussi que c’est grâce à cette intégration universitaire que je pourrai continuer dans un master ensuite”.

La FNESI défend depuis de nombreuses années déjà l’intégration universitaire pleine et entière de notre formation, soit l’intégration organique énumérée plus en amont dans l’article. 

Cette intégration permettrait : 

  • la création d’un DUSI dans chaque université induisant le développement de la poursuite d’études après la licence en soins infirmiers en IFSI
  • la reconnaissance de notre formation comme une science 
  • le développement de la recherche en sciences infirmières à travers des masters et doctorats enrichissant le domaine de la recherche actuel
  • l’innovation pédagogique à travers la mise en commun d’outils tels que les plateformes numériques ou la simulation
  • le renforcement de l’interprofessionnalité dans notre formation 
  • l’accès à tous les services universitaires pour l’ensemble des ESI améliorant les conditions de vie et de formation des étudiant.e.s 
  • la participation et la représentation des ESI dans la démocratie étudiante de l’université induisant le développement de services mais aussi de notre formation

Actuellement, la FNESI oeuvre pour l’intégration universitaire des IFSI en collaboration avec un grand nombre d’acteurs/trices. 

Nous travaillons déjà beaucoup avec les personnalités politiques en charge de ce dossier au sein des ministères à travers des prises de rendez-vous. Tous les mois, nous siégeons au Comité d’Intégration Universitaire du MESRI où nous effectuons un point d’étape sur les projets d’intégration pour l’ensemble des filières de santé qui possèdent les mêmes problématiques que nous ! 

Nous rencontrons et entretenons des relations avec les président.e.s des Universités de rattachement des IFSI afin d’accompagner ces acteurs/trices incontournables dans ce processus. Les Régions de l’ensemble du territoire national sont également sollicitées à ce sujet afin d’oeuvrer ensemble à l’amélioration des conditions de formation des ESI.

Une collaboration est aussi faite avec les fédérations de filières et les fédérations territoriales qui sont des associations d’étudiant.e.s représentantes d’un territoire ou d’une filière au niveau national. Ces interlocutrices-là se retrouvent pour certaines d’entre elles avec les mêmes problématiques que nous. Il est ainsi intéressant d’aller ensemble porter nos positions lors de rendez-vous. De plus, la FNESI a participé au Séminaire Intégration Universitaire organisé par la FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes) et la FédéA (la Fédération des Étudiant.e.s d’Auvergne).  Le but de ce séminaire était de sensibiliser les fédérations territoriales sur cette thématique afin de leurs donner les outils pour faire avancer les choses au local. Ce fut également l’occasion de faire le point ensemble sur l’avancée de chaque fédération de filière sur ce dossier. 

Enfin, la FNESI forme et informe l’ensemble des étudiant.e.s en soins infirmiers à travers ses événements et différents canaux de communication (Sérum magazine, page Facebook, Twitter, Instagram, site internet) afin d’apporter le maximum d’éléments aux ESI sur l’intégration universitaire. Ceci permet par la suite à chaque étudiant.e d’amorcer ou d’accélérer le processus d’intégration au sein de son Université. 

Tout d’abord, en tant qu’étudiant.e en soins infirmiers, tu es le premier.e concerné.e par cette intégration universitaire. Il est donc important que chacun.e soit conscient.e de ses enjeux. Tu peux dorénavant informer tes ami.e.s et collègues de promotion sur cette thématique mais aussi en parler avec tes formateurs/trices ou bien ton/ta directeur/trice d’IFSI. Ce/cette dernier.e sera sans doute le/la plus en capacité de te donner des informations sur le processus enclenché au sein de ton Université de rattachement. 

Si tu es élu.e de promotion, tu as d’autant plus ce devoir d’information auprès des autres étudiant.e.s de ta promotion. Mais tu peux aussi aborder cette thématique lors d’une section de vie étudiante (SVE) ou bien lors de l’Instance Compétente pour les Orientations Générales de l’Institut (ICOGI). Il serait d’ailleurs intéressant d’interpeller les représentant.e.s de l’Université lors de ces réunions afin d’obtenir des informations précises à ce sujet. Tu peux également te présenter dès ce début d’année pour te présenter aux élections GCS où seul.e.s sont éligibles des élu.e.s de promotion des IFSI rattachés au GCS. Intégrer ce nouvel organe décisionnaire te permettra d’obtenir des informations sur l’intégration universitaire mais aussi de participer aux discussions sur le contenu de la convention tripartite. Au vue des enjeux de cette instance, il est primordial que les ESI y soient représenté.e.s.

Si tu es élu.e UFR ou départemental, tu peux également participer à de nombreuses discussions à ce sujet et améliorer l’intégration universitaire des IFSI. 

“Mais si les IFSI sont intégrés pleinement à l’université, il n’y aura plus d’instituts délocalisés.” 

→  pas forcément ! Il est effectivement possible que certains IFSI soient fusionnés afin de mettre en commun les moyens matériels et financiers mais cela ne sera pas le cas pour tous. Le maillage des IFSI pourra être semblable à celui des IUT (Instituts Universitaires de Technologie) propre à des antennes universitaires. 

Si l’intégration des IFSI à l’Université a lieu, nos formateurs/trices ne seront plus des cadres de terrain et donc n’auront plus l’expérience du terrain.” 

→ Pas vraiment ! Cette situation là n’empêche pas le fait d’avoir des cours délivrés par des personnes expertes dans le domaine qu’elles enseignent.

Si tu as la moindre question concernant l’intégration universitaire, n’hésite pas à nous contacter par mail sur l’adresse enseignementsup@fnesi.org, nous te répondrons avec grand plaisir. 

Margot SAUVESTRE, Vice-Présidente en charge de l’Enseignement Supérieur

Félix LEDOUX, Secrétaire Général en charge des Élections et du Suivi des Élu.e.s

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Sérum 58 – Dossier