 Lettre d’information à tous les Etudiants en Soins Infirmiers de France concernant la réforme de nos études.
Aujourd’hui, aux vues de l’actualité de notre formation et en tant que présidente de la FNESI, je me dois de vous interpeller :
Quelle réforme de nos études souhaitons-nous, nous étudiants infirmiers, étudiants de l’enseignement supérieur et étudiants européens ?
Actuellement, nous avons choisi une formation en santé qui se veut stimulante et enrichissante, permettant une ouverture d’horizon formidable.
Cependant, nous pouvons remarquer qu’elle n’est pas forcément à la hauteur de ce qu’elle pourrait être.
Nous sommes étudiants infirmiers
Notre future profession est une profession en perpétuel mouvement ; notre formation se doit d’évoluer avec elle ! Comment ne pas regretter des décalages entre les apports théoriques et la réalité du terrain lorsqu’on sait que le contenu du programme de la formation n’a pas été modifié depuis 1992 !
Il nous faut donc une réforme de nos études répondant aux questions spécifiques à notre filière impliquant l’incorporation de nouvelles thématiques (évolution des soins, pratique de l’anglais et d’informatique, sciences humaines) et une approche différente des stages et de certains cours.
Il faut donner la possibilité à ceux qui le souhaitent de poursuivre leurs études et d’approfondir certains domaines et ce, de manière reconnue. L’accès à la recherche nous permettrait aussi de développer une expertise infirmière, d’être nous-mêmes acteurs des évolutions en santé et ainsi de réactualiser régulièrement la formation initiale par la réinjection de ces nouvelles connaissances.
Nous sommes étudiants français de l’Enseignement Supérieur (car post BAC)
Ce statut, acquis depuis 1992, devait améliorer nos conditions de vie et d’études, mais nous constatons bien que nous n’avons pas accès, dans les faits, aux mêmes services que nos copains de l'université, parce que le Ministère de la Santé n’est pas à même de nous garantir ce qu’assure le Ministère de l’Enseignement Supérieur :
• le respect de la démocratie étudiante grâce à la participation aux décisions, à la création des maquettes de formation, du projet pédagogique et la représentation des étudiants dans les conseils, du local au national, avec par exemple l’élection du représentant de l’établissement de formation (chez nous le directeur)
• l’amélioration des conditions sociales des étudiants infirmiers avec : la revalorisation annuelle du montant des bourses d’études ainsi que l’accès à l’ensemble des services sociaux du CROUS (accès au logement étudiant, à la restauration universitaire, à des assistantes sociales, à des allocations d’urgence, au sport, etc.)
• Les passerelles entre formations de santé et la conservation des acquis lors de réorientation ou d'échec de la formation.
Pour stopper cet écart croissant entre étudiants en santé non universitaires et étudiants universitaires, il nous faut donc une réforme de nos études qui répondent aux questions relatives à notre statut d’étudiant de l’enseignement supérieur.
Nous vivons en Europe
Et en 2008, il est impossible d’envisager une réforme sans prendre en compte la dimension européenne. Car l’Europe, c’est la libre circulation des biens et des personnes, donc des étudiants ! Pour cela, il faut des repères communs (durée d’études, système de comptabilisation des acquis, d’objectifs de stage …) permettant une harmonisation et une lisibilité de nos diplômes dans les différents pays. Ces repères existent et sont définis par le processus de Bologne. Deux repères primordiaux :
- le système LMD
- les Unités d'Enseignements (UE) associant les crédits ECTS pour valider les années d'études.
Il nous faut donc une réforme de nos études qui réponde aux exigences européennes et ne pas se mettre à l’écart du monde !
A la lumière de tous ces éléments, il est impossible d’envisager autre chose qu’une réforme profonde de la formation pour répondre à l’ensemble des problématiques citées pour l’ensemble des 80 000 ESI de France.
Les clés de cette réforme sont belles et bien :
- l’intégration au système universitaire, pour appliquer ensuite le processus de Bologne
- l’utilisation du système ECTS
- la mutation du statut des IFSI en Instituts Universitaires
- la transformation du statut des formateurs
- l'accès aux Master et Doctorat
- un diplôme unique : diplôme universitaire d’exercice
Tout ceci ne peut se faire sans une co-gestion à part égale de la formation par le Ministère de la Santé et le Ministère de l’Enseignement Supérieur.
Seule solution pour reconnaître à leurs justes valeurs, et de manière intelligente et cohérente, nos trois années d’études, mais aussi l’envie d’avancer, l'évolution de carrière, le statut d’étudiant, l’engagement associatif et contribuer à l’attractivité de la formation.
Ce rêve est si réalisable ! Tous les outils existent déjà et toutes les questions ont une réponse concrète et adaptée.
La FNESI est Votre fédération. Elle est la seule fédération représentative des étudiants en soins infirmiers (ESI), reconnue comme telle par le Ministère de la Santé. Elle travaille au quotidien, avec sérieux et rigueur, sur les problématiques des ESI, dans le domaine social, celui de la réforme des études, des conditions d'études et de la défense des étudiants, sans oublier celui de la vie associative.
Dans ce sens, nous avons toujours été attentifs à ce que les propositions des étudiants soient prises en compte et nous restons vigilants quant au risque d'une réforme allant à l’encontre de cette évolution naturelle et cohérente.
Associativement vôtre,
Livia LAINÉ, présidente de la FNESI
Des mots pour expliquer de grandes notions
Intégration universitaire : application du fonctionnement de l'Université aux actuels IFSI, qui deviendront des Instituts Universitaires. Elle change le statut des IFSI sans les toucher géographiquement, et celui des formateurs sans modifier leurs fonctions.
Processus de Bologne : créé en 1999, il propose des lignes directrices pour harmoniser les diplômes européens, dans le contenu, l'évaluation, pour favoriser la mobilité des étudiants et des professionnels au sein des différentes filières d’une part et au sein de l'Europe d’autre part.
LMD (Licence – Master – Doctorat) : l'un des outils du processus de Bologne, il propose 3 cycles : un cycle Licence en 3 ans, un cycle Master en 2 ans, un cycle Doctorat en 3 ans. Il permet des passerelles entre filière. Le L non suivi ni du M ni du D n’a pas de sens !
Crédits ECTS : ils représentent la charge de travail de l'étudiant en temps (présence en cours + travail personnel + travail de groupe + temps de pratique). Ce sont des points attribués aux Unités d'Enseignement, capitalisables et transférables en cas de changement de filière d'études. Ils donnent la valeur d'un diplôme et en facilitent la « lecture » aux différents pays. Les crédits ECTS constituent le seul outil prenant en compte la totalité de la charge de travail de l'étudiant pour les compétences à acquérir. Ce système est plus adapté qu’un autre système, celui des ECVET, qui comptabilise uniquement les compétences acquises par l'étudiant, en termes de résultats de l’apprentissage.
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