Coût de la rentrée 2016 : entre augmentation des dépenses et inégalité des aides

Le 16 août dernier, la Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE) publiait son quatorzième indicateur du coût de la rentrée étudiante. Celui-ci fait preuve d’une certaine stabilité, notamment grâce au gel des frais d’inscription, des frais de sécurité sociale étudiante et du coût durepas en restaurant universitaire, obtenus cette année par la FAGE. Les 1,01% d’augmentation du coût de la rentrée 2016 par rapport à celle de 2015 sont donc dus à une augmentation des frais de la vie courante. Si la situation est similaire pour les étudiant.e.s en soins infirmiers en ce qui concerne leurs frais quotidiens, ceux afférents à la formation peuvent s’élever bien au-delà des coûts annoncés par la FAGE pour un.e étudiant.e universitaire. En plus de certains manuels obligatoires, la formation en soins infirmiers nécessite l’achat de matériels tels que les blouses ou instruments de stage qui pèsent dans le budget de rentrée des étudiant.e.s. Ces frais sont extrêmement variables d’un institut à l’autre. Le coût des tenues professionnelles, obligatoires pour la réalisation des stages, varie du simple au quadruple, pouvant atteindre jusqu’à 200€, lorsque le service de blanchisserie n’est pas lui aussi facturé à l’étudiant.e.

Le portefeuille de rentrée des étudiant.e.s en soins infirmiers reste avant tout plombé par le profond décalage des services et aides sociales auxquels elles/ils ont accès en comparaison aux étudiant.e.s de l’enseignement supérieur.

Les étudiant.e.s en soins infirmiers relèvent du système de bourses des formations sanitaires et sociales, gérées par les Régions. Elles diffèrent en terme de critères et de montant par rapport à celles délivrées par le CROUS. Cette différence, rarement favorable à l’étudiant.e, implique des aides sociales reçues souvent inférieures à celles des CROUS, augmentant ainsi le coût global de la rentrée pour un.e étudiant.e en soins infirmiers. De plus, certaines régions effectuent le versement de ces bourses de manière trimestrielle ce qui retarde de trois mois le premier versement d’une aide et empêche les étudiant.e.s de faire face au coût de leur rentrée.
Enfin, il est à noter que le maillage territorial très étendu des IFSI désavantage les étudiant.e.s en soins infirmiers en terme d’accès aux services de la vie étudiante, notamment de restauration. Les restaurants universitaires des CROUS proposent des repas chauds et complets au tarif social de 3,25€, mais 47,9% des instituts n’en disposent pas dans leur ville. Les étudiant.e.s sont alors amené.e.s à utiliser les services de restauration rapide ou les cafétérias des centres hospitaliers, ce qui double en moyenne le prix de leur repas pour la même prestation que dans un restaurant universitaire.
Devant tant d’inégalités avec les étudiant.e.s de l’enseignement supérieur mais également entre les instituts eux-mêmes, il est urgent que l’ensemble des acteurs de la formation agissent. Instituts et Centres hospitaliers d’une part, afin de trouver des solutions durables et adéquates à l’absence de services de restauration, Régions d’autre part en adaptant les systèmes de bourses. Gouvernement et administrations enfin, pour que soient mises en place les mesures annoncées par la Grande Conférence de la Santé, telles que le renforcement des prestations sociales dans un objectif d’alignement avec celles du réseau des œuvres universitaires.
6 septembre 2016
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6 septembre 2016 – Coût de la rentrée 2016 : entre augmentation des dépenses et inégalité des aides