Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers

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Sérum 60 – Dossier

Les poursuites d’études

Tu es, ou tu vas bientôt être diplômé·e ? Tu aimerais continuer tes études mais tu ne sais pas ce qui existe ? Aujourd’hui, l’obtention du Diplôme d’Etat Infirmier n’est plus synonyme de fin d’études. Souvent trop peu connues, il y a diverses spécialisations et poursuites d’études qui s’offrent à toi.

Tout d’abord, il existe quatre évolutions professionnelles possibles après l’obtention du diplôme d’état : IADE (Infirmier·ère Anesthésiste Diplômé·e d’Etat), IBODE (Infirmier·ère de Bloc Opératoire Diplômé·e d’Etat), IPDE (Infirmier.ère Puériculteur·rice Diplômé·e d’Etat) et IPA (Infirmier·ère de Pratique Avancée).

L’IADE est un·e infirmier·ère diplômé·e qui se spécialise et acquière de nouvelles compétences dans les domaines de l’anesthésie, de la réanimation, de la prise en charge de la douleur et des soins d’urgence. Ce·tte dernier·ère travaille en étroite collaboration avec la·le médecin anesthésiste-réanimateur·rice et peut exercer principalement en bloc opératoire, en SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) et en SSPI (Salle de Surveillance Post-Interventionnelle) avec parfois des exercices mixtes. 

Pour entrer en formation, il faut pouvoir justifier de deux ans d’expérience professionnelle en tant qu’IDE et constituer un dossier que tu remettras aux instituts de ton choix. Ce dossier comportera une lettre de motivation et un Curriculum Vitae que tu auras réalisé au préalable, ainsi qu’un certificat médical assurant la mise à jour des vaccinations exigées par le Code de la Santé publique (article L3111-4) et un document attestant l’acquittement des droits d’inscriptions aux épreuves d’admissions. Ensuite, il te faudra réussir les épreuves d’admission. Et quelles sont-elles ? Il y a une épreuve écrite, évaluant les connaissances professionnelles et une épreuve orale, consistant à déterminer la capacité du·de la candidat·e à gérer une situation professionnelle concrète. 

Une fois admis·e, la formation dure deux ans et comporte 910 heures d’enseignements théoriques, 350 heures de travail personnel guidé et 2020 heures de stage. 

L’IBODE est un·e infirmier·ère diplômé·e d’état qui dispense des soins spécifiques dans le bloc opératoire et dans les secteurs qui y sont associés, notamment auprès de patient·e·s qui bénéficient d’interventions chirurgicales, endoscopiques ou autres actes techniques invasifs à visée diagnostique et/ou thérapeutique. Elle·il travaille en équipe avec les opérateur·rice·s et les anesthésistes. 

Depuis cette année (et grâce à l’arrêté du 30 janvier 2020), tu as accès à la formation d’IBODE dès l’obtention de ton DE infirmier. Le mode de candidature est le même que pour les IADE, Il faut présenter un dossier identique au dossier de candidature pour intégrer les écoles d’IADE. Tu as ensuite une épreuve écrite sur les connaissances acquises lors de la formation en soins infirmiers et une épreuve orale, consistant à présenter un exposé sur une thématique professionnelle qui te permettront d’entrer dans la formation. 

Cette dernière dure 18 mois, dont 30 semaines de théorie et 39 semaines de pratique.

A noter que depuis le 1er janvier 2020, l’aide à l’exposition du patient, à l’hémostase et à l’aspiration deviennent une exclusivité des IBODE. 

L’IPDE est un·e infirmier·ère spécialisé·e dans les soins infirmiers administrés aux enfants. Il·elle a également des missions telles que former, éduquer et informer. Il·elle peut exercer en intra ou extra-hospitalier et avoir un rôle dans la coordination des soins. 

Les conditions d’entrée en formation sont similaires à celles d’IBODE, notamment dans le contenu du dossier et les modalités de candidature. En revanche, tu retrouveras une nuance concernant les épreuves d’admissions. En effet, il y a deux épreuves écrites relatives aux connaissances acquises lors de la formation et à des tests psychotechniques, ainsi qu’une épreuve orale portant sur l’étude d’une situation professionnelle ou de stage.

Après l’admission, la durée de formation est d’un an et elle comporte 650 heures d’enseignements théoriques, 710 heures d’enseignements cliniques et 140 de travaux dirigés et d’évaluation.

L’IPA est expert·e dans son domaine et détient davantage d’autonomie au cours de son exercice professionnel. Elle·il a des compétences élargies et définies pour réaliser des activités d’orientation, d’éducation, de prévention ou de dépistage ; des actes d’évaluation, de conclusion cliniques et techniques, et des actes de surveillance clinique et para-clinique. Il·elle peut également réaliser des suivis de certain·e·s patient·e·s confié·e·s par le corps médical et ainsi prescrire des examens complémentaires, renouveler ou adapter certaines prescriptions médicales si nécessaire et prescrire des produits de santé non soumis à la prescription médicale. L’IPA peut exercer en établissement de santé ainsi qu’en ambulatoire en exercice coordonné.

Autrement dit, cette formation de grade master va permettre à l’infirmier·ère de renforcer à la fois son analyse de manière plus fine et plus précise, la rigueur dans sa méthodologie, son autonomie, l’utilisation de plus d’outils dans sa pratique et une argumentation renforcée de ses choix auprès du médecin. 

Cette formation d’infirmier·ère en pratique avancée est accessible depuis 2018. C’est une grande avancée pour l’histoire de l’infirmier·ère et grâce à lui, c’est un pas vers la reconnaissance des compétences infirmières, tant managériales que scientifiques et cliniques.

Mais comment accéder à cette formation ? Sous quelles conditions ?La seule condition est de détenir le diplôme d’état d’infirmier pour rentrer dans la formation. Cette dernière dure deux ans et est divisée en deux : la première année est commune à tou·te·s les étudiant·e·s. Puis, la deuxième année qui permet aux étudiant·e·s de se spécialiser dans un domaine : Pathologies chroniques stabilisées et polypathologies courantes en soins primaires ; Oncologie et hémato-oncologie ; Maladies rénales chroniques, Dialyses et transplantations rénales ; et Psychiatrie et santé mentale.

Concrètement, où peux-tu te former ?

Cette formation est entièrement gérée par l’Université mais toutes n’ont pas les mêmes mentions. Ainsi tu peux te renseigner sur les sites des universités afin d’identifier les mentions disponibles dans ces dernières.

Pour accéder à cette formation, nous te conseillons de te renseigner directement auprès des universités qui t’intéressent afin d’obtenir des informations spécifiques sur les modalités d’accès et les contenus de formation.

Une fois diplômé·e, il te faut justifier à ce jour de 3 ans d’expérience professionnelle IDE, pour exercer en tant qu’IPA. C’est ce qui explique qu’aujourd’hui, beaucoup d’étudiant·e·s en pratique avancée ont déjà exercé·e·s en tant qu’IDE avant leur entrée en formation. 

Et les masters alors dans tout ça ?

Depuis le référentiel de 2009, c’est l’attribution des 180 ECTS au terme des 3 ans d’études qui permet la reconnaissance de notre formation à un niveau licence, notamment à travers l’obtention d’un grade licence. Par conséquent, même s’ils sont souvent difficiles d’accès, les masters te sont ouverts !

Pourquoi sont-ils difficiles d’accès ?

Plusieurs problématiques surviennent telles que le manque d’information et la diversité de la formation. En effet, en fonction des instituts de formation, des promotions et de la formation, les ESI sont finalement peu informé·e·s sur les poursuites d’études et l’étendue des masters accessibles. Ensuite, il faut dire que la formation est très diversifiée puisqu’il y a un nombre important d’Unités d’Enseignements qui permettent de balayer des domaines comme la psychologie, l’hygiène, la législation, la biologie, la pharmacologie et tant d’autres encore. Cela empêche d’être considéré·e comme expert·e d’un domaine et certaines universités peuvent demander à ce que tu reprennes en deuxième ou troisième année de Licence en fonction du master ciblé.

Aujourd’hui, les masters les plus demandés et les plus accessibles sont ceux concernant la santé publique, les sciences de l’éducation ou encore le management en santé. Mais comme dit précédemment, nous avons un grand champ de compétences, et donc certain·e·s étudiant·e·s parviennent à intégrer des masters de biologie, psychologie, sociologie, anthropologie ou droit de la santé.

Alors pourquoi pas toi ?

La FNESI a, dès sa création en 2000, défendu la poursuite d’études après le Diplôme d’Etat Infirmier. C’est dans l’obtention du grade licence en 2009 que s’inscrit la première victoire nous permettant de faire un pas vers l’accès aux masters de l’Université. Aujourd’hui, nous sommes fier·e·s d’avoir contribué à l’émergence de la pratique avancée en France et continuerons d’oeuvrer à l’évolution de la formation des infirmier·ère·s.

S’il te reste des questions concernant les poursuites d’études possibles, n’hésite pas à envoyer un mail à l’adresse suivante : enseignement.superieur@fnesi.org 

Montaine Bouhier, Secrétaire Générale Adjointe

Alix Navarro, Trésorier en charge du développement de la structure

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