Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers

L'association représentative des 94 000 étudiant.e.s en soins infirmiers de France

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Devenir et être infirmier.e au Mexique : comment ça se passe ?

  • Interview de Georges Williams Chale, Président de l’AMEENF (Fédération Mexicaine des Étudiant.e.s Infirmiers)

Dans le monde, la représentation des étudiant.e.s en soins infirmiers compte de nombreuses fédérations soeurs de la FNESI. Aujourd’hui, nous allons vous présenter, via son Président, la fédération Mexicaine !

 

FNESI : Combien d’années avez-vous besoin d’étudier pour devenir infirmier.e au Mexique ?
George Williams Chale : Pour obtenir un diplôme en sciences infirmières dans mon pays, les étudiants doivent étudier quatre ans, soit deux semestres par an et huit semestres à la fin de leurs études. En plus de cela, ils doivent avoir 1 an consacré au programme de service social national demandé par le ministère de la Santé comme condition préalable à l’obtention du diplôme.

 

FNESI : Où se déroulent les études ? Est-ce dans des instituts spéciaux ou en université ?
GWC : La profession infirmière peut être étudiée dans différents établissements d’enseignement, publics ou privés, à un niveau moyen ou élevé.

 

FNESI : Quels sujets étudiez-vous ?
GWC : Les disciplines de base : les soins infirmiers communautaires, les programmes de soins infirmiers de base, les programmes de prévention et de santé mentale, les soins aux femmes enceintes et aux nouveau-nés en bonne santé, les soins aux enfants et aux adolescents, l’attention portée aux personnes âgées hospitalisées, les soins infirmiers en chirurgie, les soins pour la personne dans un état critique, et l’administration des services de santé.

 

FNESI : Combien y a-t-il d’étudiants en sciences infirmières dans tout le pays ? Combien y a-t-il d’instituts de formation en sciences infirmières ?
GWC : Selon les données des comités interinstitutionnels pour l’évaluation de l’enseignement supérieur CIEES, il existe dans le pays 342 instituts de formation en science infirmières agréés. Parmi ces instituts, 310 proposent un diplôme en sciences infirmières et 32 en sciences infirmières et en obstétrique. On estime qu’il y a environ 124 830 étudiant.e.s à travers le Mexique.

 

FNESI : Comment ça se passe en tant qu’infirmier.e au Mexique ? Est-ce difficile ? Comment travaillez-vous avec les autres professionnel.le.s de la santé ? Qu’en est-il de la reconnaissance ?
GWC : Être un.e infirmier.e au Mexique est difficile, comme dans d’autres pays, nous recherchons toujours la reconnaissance et le statut que nous méritons. Les infirmier.e.s manquent de postes de direction et ne sont pas en mesure d’autonomiser la profession.
Le travail multidisciplinaire était notoire, du moins dans l’unité où j’exerçais mon service social. Toutes les professions du secteur de la santé travaillent en équipe, dans le but de fournir de meilleurs soins aux patient.e.s.
Au Mexique, il existe des catégories de soins infirmiers. Chacun ayant un salaire différent en raison de la variabilité et de la complexité de leur travail, de leur complexité. Il existe des diplômes de licence en sciences infirmières avec des spécialités telles que le master et le doctorat. Et malgré toutes les études de troisième cycle, ils sont classés dans la catégorie des auxiliaires, dans lesquels ils exercent les fonctions pour lesquelles ils ont été formés, mais ils ne sont pas rémunérés.

 

FNESI : Pouvez-vous présenter votre organisation ? Ses origines ? Quand a-t-elle été créée ?
GWC : L’Association Mexicaine des Etudiants en Soins Infirmiers (AMEENF, en espagnol) a pour objectif de contribuer à la réussite professionnelle des étudiant.e.s, des internes et des infirmier.e.s débutant.e.s dans cette discipline. Elle améliore également la qualité de leurs fonctions et renforce leur engagement en faveur de la santé et du bien-être de la population, en favorisant l’avancement de leurs travaux vers l’excellence.
L’AMEENF a été créée dans le but d’éliminer la compétition universitaire entre frères et soeurs en soins infirmiers et de se soutenir mutuellement, quelle que soit l’université dans laquelle nous étudions, car notre objectif est de prendre en soin des personnes en bonne santé, des malades, soin du Mexique, soin du monde.
Elle a été fondée le 1er octobre 2017 à Mérida, dans le Yucatán, avec des étudiant.e.s de différentes universités du pays.

L’idée de créer l’organisation a été lancée par George Williams Chale Pool, étudiant infirmier, qui souhaite positionner les infirmier.e.s universitaires comme axe central de la santé universelle et de l’amélioration des soins aux patient.e.s grâce à la formation continue.

 

 

FNESI : Comment gérez-vous cette organisation ? Combien de personnes êtes-vous dans votre bureau ?
GWC : L’AMEENF a un conseil exécutif composé du président, du vice-président, du secrétaire général et du trésorier général. Par la suite, les bureaux nationaux sont constitués des vice-président.e.s suivants : éducation, affiliations, documentation, relations internationales, recherche, programmation et planification, liens et alliances ; mais aussi nos programmes de volontariat nationaux, le programme de développement durable à l’horizon 2030 et les objectifs de développement durable, la campagne et les échanges sur les soins infirmiers maintenant, enfin, les coordinateurs des États et les membres associés de chaque siège de l’AMEENF.
Actuellement, l’AMEENF compte 70 membres représentant 15 États sur 32 de la République mexicaine.

 

FNESI : Quels sont vos problèmes actuels et vos combats en cours ?
GWC : À l’heure actuelle, il existe des établissements, des instituts et même des professionnel.le.s des soins infirmiers qui ne font pas entièrement confiance aux diplômés en sciences infirmières des universités et encore moins à une organisation d’étudiant.e.s. Cependant, nous avons essayé de suivre un processus formel dans tous nos processus et nous avons établi des liens avec les présidents des différents instituts et sociétés, y compris les directeurs des instituts et des facultés de sciences infirmières, en plaçant notre organisation au sein de la Direction nationale des soins infirmiers, dans le cadre de la campagne Nursing Now. L’AMEENF a été désignée groupe local de la Campagne mondiale et a été récompensée pour son travail acharné en faveur de l’autonomisation de la profession.

 

FNESI : Avez-vous remporté des victoires avec l’AMEENF ?
GWC : Des victoires et des triomphes, il y en a eu beaucoup. Grâce à cette organisation, j’affirme que la plus grande satisfaction, en tant que président, est de vivre dans une université infirmière pacifique, où enfin les instituts et les facultés coexistent, où le même objectif est atteint, permettant d’obtenir des résultats exceptionnels pour la discipline.
De la même manière, établir un lien avec d’importantes organisations infirmières du pays, telles que la Commission des infirmières permanentes, le Collège national des infirmières, la Société des infirmières et infirmiers spécialistes des soins intensifs du Yucatan, les universités et les établissements de santé, signifie que nous faisons ce qu’il faut.
Nos fruits sont visibles grâce à plus de 46 000 abonné.e.s sur Facebook, malgré une année de travail ininterrompu. Nous nous positionnons comme l’une des organisations les plus importantes au monde, avec un avenir prometteur.

 

FNESI : Un dernier mot ?
GWC : Je remercie de tout cœur la FNESI d’avoir mené cette interview.
Je suis sûr que les étudiant.e.s en sciences infirmières feront l’histoire.
Au sein de l’AMEENF, nous cherchons à servir l’autre sans rechercher plus de reconnaissance que la satisfaction de réaliser notre objectif, d’améliorer les soins infirmiers et que personne ne puisse jamais douter que notre travail soit un pilier fondamental dans le domaine de la santé.
Merci beaucoup la FNESI !

 

Interview réalisée par Tanguy GUIBERT, Secrétaire Général en charge des relations internationales

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