Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers

L'association représentative des 90 000 étudiant.e.s en soins infirmiers de France

DOSSIER SECOURISME

A l’heure actuelle, la chaîne de secours et de soins peut comprendre bien des individus, allant du/de la simple témoin qui a prodigué les premiers secours au/à la chirurgien.ne qui opère, en passant par l’équipe de sapeurs-pompiers ou d’infirmier.e.s.

En tant que futur.e.s professionnel.le.s de santé, nous sommes formé.e.s aux gestes d’urgence mais cela fait-il autant de nous des secouristes ?
Quelles sont les différences entre professionnel.le.s de santé et secouristes ? Et quelles formations doivent-ils/elles respectivement suivre ?

  1. ESI et AFGSU (Attestation de Formation aux Gestes et Soins d’Urgence)

Lors de la formation en IFSI, tou.te.s les ESI, en tant que professionnel.le.s évoluant dans des structures de soins, sont amené.e.s à passer un diplôme particulier : l’AFGSU. S’il est relatifs aux soins d’urgence et permet des temps de mises en pratiques efficaces, il n’est pas pour autant un diplôme permettant d’être secouriste bénévole.

 

Mais du coup, l’AFGSU, c’est quoi et pourquoi est-ce nécessaire ?

Lors d’une situation d’urgence en milieu de santé, il est primordial d’être en capacité de prendre en charge des patient.e.s de façon adaptée. Afin de réagir au mieux, il est nécessaire d’avoir été préalablement formé.e.

L’AFGSU est une formation ayant pour objectif l’acquisition des connaissances nécessaires à l’identification d’une situation d’urgence à caractère médical ainsi que sa prise en charge, seul.e ou en équipe, en l’attente de l’intervention d’une équipe médicale. Son obtention est nécessaire afin de travailler au sein d’établissements de santé ou de structures médico-sociales.

Comment se passe la formation ?

La formation comporte deux niveaux et chacun de ces niveaux est divisé en modules .

Le premier niveau de l’AFGSU concerne les urgences vitales et est divisé en trois modules.

  • Le premier module correspond à de l’enseignement pratique relatif à la prise en charge des urgences vitales et notamment ce qui concerne les obstructions des voies aériennes et les hémorragies. Dans ce module, on apprendra aussi à donner une alerte complète, structurée, concise et donc efficace.
  • Le second concerne les urgences potentielles ; c’est à dire les urgences nécessitant une surveillance attentive mais qui ne mettent pas la vie du/de la patient.e en jeu de façon immédiate. On apprend donc à prendre en charge des malaises mais aussi des traumatismes ou des brûlures.
  • Le troisième s’attarde sur les enseignements relatifs aux risques collectifs.

L’AFGSU de niveau 1 est destiné à l’ensemble du personnel travaillant dans les établissements sanitaires et médico-sociaux.

Le second niveau de l’AFGSU permet d’appréhender le matériel de prise en charge des urgences vitales dans un secteur de soins, comme le chariot d’urgence. Il aborde aussi les manutentions de personnes traumatisées : utilisation du matériel d’immobilisation, de relevage et brancardage, par exemple. Ce niveau est uniquement destiné aux professionnel.le.s de santé (donc toi, en tant qu’ESI et futur.e IDE !).

Combien de temps est ce valable ?

L’AFGSU est valable 4 ans. Par la suite, il est nécessaire de participer à une formation d’actualisation des connaissances d’une durée minimale d’une demi-journée.

Les limites de l’AFGSU

Nécessaire afin d’exercer une profession de santé, l’AFGSU est  reconnue principalement par le Ministère de la Santé et des Solidarités.  L’AFGSU ne permet donc pas de s’engager directement comme secouriste car ces deux formations sont différentes. Néanmoins elle permet d’avoir de solides bases pour ceux souhaitant se diriger dans la voie du secourisme. Être étudiant.e infirmier.e ou infirmier.e peut représenter un vrai atout pour être recruté.e dans un organisme de secourisme.

  1. Pour aller plus loin : se former au secourisme

Le PSC1

Dans le cadre du secourisme, plusieurs diplômes existent. Le plus connu est sans doute le PSC1 (Prévention et  Secours Civiques niveau 1), à destination du grand public (à partir de 10 ans). Une formation de 7h permettant d’apprendre à donner l’alerte face à une personne faisant un AVC ou un Arrêt Cardio-Respiratoire et de masser efficacement. Ce diplôme, payant, a peu de plus-value pour les ESI car il est bien moins complet que l’AFGSU que ces dernier.e.s possèdent déjà. De plus, il peut s’obtenir par équivalence lorsque vous devenez titulaire du PSE 1 ou lorsque vous obtenez votre diplôme d’infirmier.e.

La formation au PSE1 et PSE2

Si être soignant.e offre de nombreux avantages, comme le fait d’avoir déjà un bagage de connaissances et de pratiques, il est néanmoins obligatoire de passer au minimum le PSE1 (Premiers Secours en Équipe) afin de pouvoir être secouriste. Ce diplôme peut être complété par le PSE2, selon les organismes formateurs. Même si l’on est soignant.e, on ne peut participer aux manoeuvres des secouristes sans le PSE1 !

Les secouristes peuvent être amené.e.s à intervenir sur différents terrains : sur la voirie, à la mer, en montagne, ou autres milieux périlleux, et ce en toutes circonstances, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige… Leur matériel est adapté en fonction : hélicoptères, VSAV (Véhicule de Secours et d’Assistance aux Victimes), …

Les secouristes apprennent et pratiquent une formation continue de façon régulière sous différentes formes : des temps de formations théoriques, des manoeuvres de façon isolée, en équipe, avec du matériel, des exercices grandeure nature…

Cela peut aller de l’aide aux victimes à domicile, à la recherche de ces dernières, en passant par l’accident d’autocar, par exemple.

En plus du PSE1 et PSE2, les bénévoles et les volontaires ont la possibilité de passer chef d’intervention : 46 heures de formation, pour savoir manager une équipe de secours, transmettre un bilan et maîtriser les différents problèmes que peut rencontrer une équipe lors d’une intervention.

Entre soignant.e et secouriste 

À la différence de l’AFGSU, les PSE1 et 2 sont dispensés par le Ministère de l’Intérieur, via des organisations agréées de sécurité civile, et leurs champs d’applications sont eux aussi différents ! Il existe une distinction entre les compétences et les pratiques dévolues à chacun des statuts.

Il n’y a donc aucune équivalence entre les deux formations ! Les gestes pratiqués par un.e secouriste sont inscrits dans un référentiel qui lui est propre. Le terme de “secouriste” est lié à un domaine d’application ; ce n’est pas un nom commun pour désigner une personne portant secours.

Chaque citoyen.ne, à partir de 16 ans, peut prétendre à être secouriste et passer le PSE1, là où, pour être soignant.e, il est nécessaire d’avoir un diplôme d’état qui conclut des études médicales et paramédicales. Il est donc possible de n’être que secouriste ou d’être uniquement soignant.e mais il est aussi possible d’allier les deux car ce sont deux choses distinctes !

Cette distinction entre soignant.e.s et secouristes se retrouve aussi dans le fonctionnement des équipes de secouristes. Ainsi, le fait d’être infirmier.e diplômé.e d’Etat n’offre aucun avantage ou équivalence et être IDE au sein d’une équipe de secouriste ne permet pas non plus d’avoir une équivalence de grade.

Un exemple plus concret  ? Sans PSE1, un.e infirmier.e DE prenant part à une situation de sauvetage ne peut pas exercer un rôle de secouriste car il nécessite d’avoir son PSE1 et/ou PSE 2 ! Lors d’une opération d’aide aux victimes, l/elle travaillera donc sous l’égide du/de la médecin ou sur protocoles, en ayant une formation SMUR ou Infirmier.e Sapeur Pompier !  L’infirmier.e, si il/elle est reconnu.e (diplôme d’ISP) comme tel.le dans son milieu restera infirmier.e mais ne pourra en aucun cas être secouriste sans PSE1 ou 2.

III. Les organismes dispensant cette formation

Il existe un grand nombre de structures assurant ces formations, la plupart du temps payantes. Elles peuvent être dispensées contre un investissement régulier au sein de la structure formatrice. Cet engagement peut être basé sur le bénévolat (gratuit) ou sur le volontariat (contre indemnisation). Les structures sont le plus souvent nationales mais leur présence sur le territoire varie selon les attributs et besoins des régions. En voici quelques exemples : Ordre de Malte, Protection Civile, Croix Rouge, les Sapeurs Pompiers, FNMNS ( Fédération Nationale des Maître Nageurs Sauveteurs), Secours en Montagne, SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer)…

La Croix Rouge 

Association d’aide humanitaire fondée en 1864, il permet au/à la bénévole de passer son PSE1 qui sera complété par des formations sur le partage et la diffusion des valeurs institutionnelles de la Croix-Rouge, l’initiation à la situation d’exception et la sensibilisation au soutien psychologique.

De nombreuses formations existent et permettent de développer son activité au sein de la Croix-Rouge : formateur/trice au diplôme de PSE, formateur au soutien psychologique, etc… Les champs d’actions du secouriste sont : les postes de secours pour une couverture sanitaires des manifestations sportives, culturelles ou lors de rassemblement. Différents dispositifs sont mis en place selon la taille de l’événement et le nombre de personnes attendues. Les secouristes bénévoles assurent la protection de la victime, prodiguent les gestes de premiers secours pour stabiliser ou améliorer son état, et transmettent au besoin un bilan au SAMU. Le secouriste bénévole peut également intervenir lors d’opération d’urgence.

Il est important de noter que la Croix-Rouge est détentrice de l’agrément opérationnel de sécurité civile.

Secouriste Sapeur-Pompier

Les sapeurs-pompiers, connus pour être des figures de la lutte contre les incendies sont avant tout des professionnel.le.s du secourisme. En effet, plus de 80% de leurs interventions sont  des secours à victimes, les 20 % restant représentent les opérations diverses et les incendies.

Afin d’être secouriste sapeur-pompier, il faudra obtenir le PSE1, vous octroyant le fait d’être secouriste, puis faire une formation incendie, vous permettant d’exercer au sein des sapeurs-pompiers.

Il est également possible de se former dans le domaine des feux de forêt, des secours routiers, des risques radiologiques et chimiques, des secours nautiques, d’être plongeur/se, ou encore d’appréhender le secours en milieux périlleux.

FNMNS (Fédération Nationale des Maître Nageurs Sauveteurs)

Le/la titulaire du BNSSA (Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique), appelé.e nageur sauveteur ou aussi sauveteur aquatique, assure la surveillance des baignades d’accès gratuit (bord de mer, lac…) ou la surveillance de baignade d’accès payant (centre aquatique, piscine).

Avec ce diplôme vos missions sont de :

  • Prévenir des risques de la baignade ainsi que des conditions météorologiques permettant ou non celle-ci.
  • Surveiller la zone de baignade, en observant particulièrement les comportements des baigneurs, et en essayant d’anticiper les dérives afin d’intervenir au plus vite.
  • Intervenir rapidement et efficacement dans les cas de noyade, sans mettre en danger sa vie ni celle des autres.

Pour cela, seul le PSE1 est obligatoire.

Notez cependant que vous ne pouvez pas animer, ni encadrer des leçons de natation contre rémunération avec ce diplôme.

Ordre de Malte

Association d’utilité publique depuis 1928 l’Ordre de Malte a la mission « d’accueillir, de secourir et de soigner les personnes fragilisées par la vie, et de former leurs aidant.e.s. » Renommée en France comme à l’international, elle propose des formations au secourisme et aux métiers du secteur sanitaire, médico-social et des personnels de santé.

Le secourisme au sein de l’ordre de Malte exige d’avoir les diplômes de premiers secours en équipe de niveau 1 ou 2 et assurer des postes de secours sur divers événements tout en réactualisant régulièrement ses diplômes de secouristes.

Secours en Montagne

L’Association Départementale des Sociétés de Secours en Montagne est présente dans les régions montagneuses de France. Elles ont pour missions : le sauvetage en territoire montagneux, la recherche d’individus, l’encadrement des diverses manifestations en liens avec la montagne (trails, courses de ski, etc…) ainsi que la recherche de victimes d’avalanches. Le/la secouriste en montagne se doit de bien connaître le milieux montagnard avec les risques qui lui sont inhérents, savoir se repérer selon la topographie de son secteur d’activités, être familier avec les manoeuvres de cordes et d’évacuations d’urgence et enfin posséder son PSE1 et PSE2 afin de porter secours aux multiples victimes. Etre secouriste en montagne, c’est savoir se protéger des dangers de la montagne tout en portant assistances aux personnes qui y évoluent.

Témoignages

« J’ai commencé à 17 ans, pendant mon année en terminal, je préparais mon concours infirmier quand j’ai décidé de rentrer chez les sapeurs-pompiers. On m’a proposé de participer à une journée découverte avec une équipe de garde un samedi, et depuis ce jour je n’ai jamais quitté ma caserne.

Comment résumer mon expérience ? C’est une expérience humaine inoubliable. A 17 ans, on ne s’attend pas à voir cette souffrance face aux victimes, mais ça nous fait grandir. On se rend compte réellement de la détresse de certain.e.s, on se refuse de se voir enfermer dans notre cocon et cela permet de relativiser sur notre propre vie. Si c’était à refaire ? Bien sur que je recommencerais, sans aucun doute il s’agit de la plus belle chose que j’ai pu faire. »

Ilan Pavia

Le PSE

Le PSE1 = Premiers Secours en Equipe de niveau 1 : Comptez un minimum 35 heures de formation pour savoir agir seul.e ou en binôme et maîtriser les gestes et techniques de réanimation avec le matériel adapté. Cela permet d’assister l’équipier secouriste lors des manoeuvres de relevage et d’immobilisation.

PSE 2 : Il comporte 28 heures supplémentaires pour devenir « équipier secouriste » et travailler au sein d’une équipe en toute sécurité et utiliser le matériel de secours afin de maintenir et/ou d’améliorer l’état d’une victime,

Les diplômes sont acquis à vie mais une mise à jour annuelle est nécessaire (formation de 7h) pour se réactualiser et rester opérationnel.le.

Sophie ROUCHER, Vice-Présidente en charge des Publications et de la Culture

Benjamin GILBERT, ex Vice-Président en charge des Partenariats, secouriste

Julie TROLLIET, ex Vice-Présidente en charge des Publications et Attachée de Presse, secouriste

Merci à Célya, Chloé, Ilan, Pauline  et Quentin

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