Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers

L'association représentative des 90 000 étudiant.e.s en soins infirmiers de France

Omerta à l’hôpital : La maltraitance des étudiant.e.s en Santé

[Le fameux livre noir écrit par Valérie Auslender et mettant en lumière les maltraitances subies par les étudiant.e.s en Santé. Touchant toutes les professions du soin, il rapporte beaucoup de témoignages de nos compères étudiant.e.s en soins infirmiers … ]

Le livre fait actuellement un véritable carton auprès des étudiant.e.s infirmier.e.s, alors est-ce par compassion pour nos camarades ou est-ce par compréhension après avoir vécu des scènes similaires en stage ? Beaucoup d’étudiant.e.s s’identifient et remarquent qu’ils/elles ne sont pas des cas isolés. Car hélas la violence présente dans notre formation est causée le plus souvent non pas par les patient.e.s et les conditions difficiles mais par les équipes de soin elles-mêmes, par ces infirmier.e.s, ces médecins, ces aides-soignant.e.s qui sont censé.e.s nous former, nous encadrer et nous apprendre à prendre soin. Que nous soyons jeunes ou plus âgé.e.s, hommes ou femmes, intro ou extraverti.e.s, tout le monde peut en être la cible. Tant de violence dans une profession où pourtant nous sommes des humains prenant soin d’humains.

L’auteur Valérie Auslender, médecin généraliste rattachée à Science Po, se base à plusieurs reprises sur l’enquête menée par la FNESI en 2015, nommée « Je veux que ma voix compte ». Cette enquête montrait que 85,4% des ESI jugeaient la formation comme violente dans la relation avec les équipes encadrantes en stages. Cela s’ajoute à une recrudescence des Cas De Défense que les étudiant.e.s envoient à la FNESI, vous êtes chaque jour plus nombreux à demander de l’aide et des conseils. Que cela soit via le site internet, téléphone ou mail, continuez de vous exprimer, ce livre a déjà commencé à rompre le silence, ensemble continuons à briser l’Omerta !  

Si toi aussi tu as des problèmes dans ta formation, tu peux envoyer un mail à cdd@fnesi.org ou te rendre sur le site fnesi.org !

Témoignages

La boule au ventre et les larmes aux yeux

« Je suis étudiante infirmière en troisième année. J’étais en maison de retraite pendant dix semaines pour la validation de mon quatrième semestre. Dès le début du stage, j’ai été très peu appréciée, sur le seul critère que j’étais stagiaire. Les professionnels de santé présents me faisaient des réflexions désobligeantes devant les résidents : « Tu ne sais rien faire, tu n’es qu’une petite stagiaire de merde »… « Toi, la stagiaire qui ne sert à rien, viens ici ! » … « Va torcher les culs de tes résidents, t’es bonne qu’a ça ! » … « Les stagiaires ne mangent pas et ne passent pas pendant leurs postes, donc tu restes de 6h30 à 14h30 sans manger, c’est clair ?! » Des remarques aussi comme : « De toute manière, on fera tout pour te faire arrêter » ou encore « Tu ne sers à rien, casse-toi de là ! » 

Douze heures sans uriner

« Pendant les stages en milieu hospitalier, nous n’avions pas le droit d’aller aux toilettes, et on ne nous laissait pas le temps de manger, car « eux mangeaient». Nous devions répondre aux sonnettes. Douze heures sans uriner, pendant mes trois années d’études. Trois ans plus tard : des conséquences graves sur ma santé. En effet, je ne peux plus uriner. Ma vessie ne contracte plus. Je dois me sonder six fois par jour depuis l’âge de 26 ans ! C’était durant les années 80. Les conditions sont malheureusement encore trop souvent identiques pour grand nombre de stagiaires quels qu’ils soient : femme de ménage … jusqu’aux médecins ! »

Devenir infirmière, un rêve ?

« À plus de cinquante ans et après une rupture conventionnelle avec une société dans laquelle j’étais assistante commerciale, j’ai décidé de réaliser un rêve : devenir infirmière ! Après une première année validée, j’ai interrompu ma scolarité. Je n’avais pas signé pour subir la maltraitance, les abus de pouvoir régnant sur les lieux de stage. Ce qui en résulte à présent : crises de panique, pleurs, antidépresseurs et plus aucun désir de ne faire quoi que ce soit. Tout ça est très récent. J’ai arrêté la formation fin mars 2015. »

Merci à Valérie Auslender pour nous permettre d’utiliser ses écrits.

Omerta à l’hôpital : La maltraitance des étudiant.e.s en Santé
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