Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers

L'association représentative des 90 000 étudiant.e.s en soins infirmiers de France

LES PREMIERS ETATS GÉNÉRAUX de la FNESI : Repenser la formation initiale au regard des évolutions de la profession

Tu es étudiant.e en Soins Infirmiers ? C’est ton avis qui nous intéresse !

Tu veux t’exprimer et soumettre tes idées sur notre formation, alors les Etats Généraux sont fait pour toi. Ils permettent de poser une réflexion sur différents thèmes liés à notre formation.

Des état généraux : C’est quoi ?

La FNESI représente l’ensemble des 90 000 étudiant.e.s du territoire français. Elle a maintenant 17 ans et a toujours su, au fil des années, être force de propositions dans une démarche démocratique et constructive.

Toujours dans cette même volonté d’évolution, la FNESI souhaite mettre en place, pour la première année, ses Etats Généraux dans une dynamique inspirée de la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes).

Basée sur la démocratie participative qui est “une forme de partage et d’exercice du pouvoir, fondée sur le renforcement de la participation des citoyen.ne.s à la prise de décision politique. Les états généraux permettront aux étudiant.e.s en soins infirmiers de penser la formation de demain et de les impliquer dans les décisions les concernant.  

Ils seront aussi fondés sur la méthode du dialogue structuré initié par le CNAJEP.

Pourquoi ?

Depuis plusieurs années, le monde de la santé évolue. Nous faisons face à une chronicisation des pathologies, à un vieillissement global de la population. Ce vieillissement  est dû au baby-boom consécutif à la seconde Guerre Mondiale et majoré par l’augmentation de l’espérance de vie de la population, grâce notamment au progrès de la médecine mais aussi des conditions de vie et d’hygiène et l’émergence de nouvelles pathologies.

En parallèle, les évolutions économiques en lien avec la fin des trentes glorieuses ont poussé les systèmes de santé à réduire les coûts, à se diriger vers une sortie du “tout-hôpital” pour privilégier l’ambulatoire ainsi qu’à revoir les liens existants entre les différentes professions de santé.

De même, l’apparition et la généralisation de déserts médicaux et/ou sanitaires nous amène à réévaluer les réponses que nous avons pu apporter jusqu’à présent. Le virage vers un système de santé de plus en plus axé sur la prévention et la promotion de la santé, doit être anticipé dès à présent et doit amener à une évolution de la formation des professionnel.le.s, initiale comme continue.

Depuis le début des années 2000, plusieurs évolutions organisationnelles ont pu avoir lieu. La loi “santé” de 2004 a donné lieu à 5 plans nationaux tels que les plans de lutte contre le cancer, les pratiques addictives, l’environnement, la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques et la prise en charge des maladies rares.  La loi “Hôpital, Patient, Santé et Territoires” de 2009 a, quant à elle, introduit notamment la possibilité de délégation de tâches des professions médicales vers les paramédicales. Cette décennie voit aussi apparaître la loi de “Modernisation du système de santé” qui légifère et met en place les Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) mais aussi la création des Pratiques Avancées pour les professions paramédicales.

Les nouveaux besoins de santé entraînent alors une modification des pratiques et des professions de santé. Si notre formation a déjà connu des modifications afin de s’adapter à ces enjeux (cf. sérum 49 : Historique de la formation en soins infirmiers), cela fait bientôt 10 ans que l’arrêté de 2009 ou le “ nouveau référentiel”, comme il est souvent mentionné, a réformé les études en soins infirmiers. L’objectif de celui-ci était, entre autres, de penser la formation, non plus sous forme de modules, mais sous forme de compétences à acquérir. La formation est donc axée sur la réflexivité et a pour objectif de former des étudiant.e.s polyvalent.e.s et autonomes. Ces dernier.e.s sont amené.e.s à penser la/le patient.e au centre de la prise en charge, dans une vision globale, grâce à la mise en place des unités d’enseignement sous forme de processus.

La modernisation du système de soin, visible notamment au travers de l’implantation de plus en plus importante du numérique dans les soins et leur organisation (la télémédecine, la simulation, ou encore les logiciels de transmission, la e-santé ) a modifié notre rapport à l’apprentissage et à l’enseignement. Il est donc essentiel de repenser la formation au regard de ces évolutions pour permettre à l’ensemble des étudiant.e.s d’avoir accès au savoir et de les préparer au mieux aux exigences de demain.

Le Ministère de la Santé et la DGOS ainsi que les acteurs de la formation ont constitué un groupe de travail afin de réfléchir et de se positionner sur des modifications de l’arrêté de 2009 relatif au diplôme d’état infirmier.

C’est donc dans ce contexte que la FNESI propose ses états généraux.

Au fur et à mesure de la promulgation de ces lois, notre système de santé entre progressivement dans une nouvelle ère. La position des professionnel.le.s évolue, passant petit à petit d’un système “médico-centré” à un système “patient-centré”.

Législation et évolution de la profession : Des besoins de santé aux pratiques avancées

[2003] La mission Berland “Transfert de Tâches et de Compétences“ fait suite à un premier rapport de mission Berland “démographie des professionnels de santé” qui mettait en lumière une diminution sensible du nombre de médecins généralistes et spécialistes. Il a donc été proposé un transfert de tâches re-définissant ainsi le rôle des médecins au regard de leur formation et celui des professionnel.le.s de santé au regard des évolutions des compétences.

[2009] L’article 51 de la loi HPST “permet la mise en place, à titre dérogatoire et à l’initiative des professionnels sur le terrain, de transferts d’actes ou d’activités de soins et de réorganisations des modes d’intervention auprès des patients. Ces initiatives locales prennent la forme d’un protocole de coopération qui est transmis à l’ARS. Celle-ci vérifie la cohérence du projet avec le besoin de santé régional, avant de le soumettre à la validation de la HAS”.

[2016] L’article 30 de la loi de modernisation du système de santé permet la création des  pratiques avancées pour les auxiliaires médicaux en France. Présentes dans plus d’une trentaine de pays dans le monde à ce jour, les pratiques avancées existent depuis les années 1970 dans les pays anglo-saxons. En Australie et en Irlande ce rôle d’infirmier.e en pratiques avancées est plus récent mais ces deux pays mènent des politiques actives sur ce sujet. En France, en Belgique ou encore au Japon, les pratiques avancées n’en sont encore qu’à leurs débuts, même si des études et des expérimentations ont déjà pu être menées dans ces pays.

On débat sur quoi ?

Bientôt 10 ans depuis la dernière réforme de la formation en soins infirmiers. Il est temps que les étudiant.e.s en soins infirmiers se prononcent à nouveau sur les évolutions des études et l’évolution de l’entrée dans la profession.

Afin de répondre au mieux à ces problématiques, la FNESI a dégagé plusieurs axes de réflexion permettant de travailler sur le fond de ce vaste chantier :

Les axes de réflexion...

AXE 1 : Démocratiser l’entrée en formation  

Ce premier axe permettra d’avoir une réflexion sur l’accessibilité de la formation. L’entrée en formation se fait par le biais d’un concours, coûtant en moyenne 105.87 par concours,  Comment repenser celle-ci afin de permettre une démocratisation de l’accès à notre formation, alors même que les inégalités entre futur.e.s étudiant.e.s perdurent ?

Les étudiant.e.s en situation de handicap n’ont encore que trop peu la possibilité d’intégrer la formation et restent parfois victimes des représentations que la société peut avoir sur le handicap. Les multiples aspects ainsi que les évolutions récentes de la profession infirmière, en direction de la recherche ou des pratiques avancées par exemple, empêchent-elles l’intégration de personnes en situation de handicap au sein d’une formation, sachant que celle-ci se doit de s’adapter aux étudiant.e.s et d’aider celle/celui-ci à définir son futur parcours professionnel ?

Les promotions de la formation menant au diplôme d’état en soins infirmier sont très hétéroclyte. Si nous repensons l’entrée en formation de l’ensemble des étudiant.e.s, nous ne pouvons occulter la question des étudiant.e.s en promotion professionnelle.

AXE 2: Favoriser les acquisitions de compétences  

La formation en soin infirmier est régie par l’arrêté  du 31 juillet 2009. Notre formation, d’une durée de 4500 heures, est divisée de la façon suivante : 2100 heures de formation théorique, 2100 heures de formation clinique et 300 heures de travail personnel, étalée sur 6 semestres.

Cette axe aura pour but de revoir les processus d’apprentissage au sein de la formation, que ce soit sur la forme, par des débats autour des nouvelles méthodes d’enseignements ou encore de la place du numérique, à l’heure de l’intégration à l’université.

De même, un travail se doit d’être réalisé autour des apprentissages réalisés en IFSI, la refonte des unités d’enseignements mais aussi revoir les apprentissages liés à la prévention, à la santé publique ou encore l’interprofessionnalité.

Ces sujets d’ampleur ne peuvent plus se réfléchir uniquement par le biais d’un prisme infirmier mais doivent être réfléchis de façon globale.

AXE 3 Faire évoluer la profession    

A  ce jour, les étudiant.e.s en soins infirmiers suivent deux unités d’enseignement en lien avec le domaine de la recherche, l’une autour de l’initiation à la démarche et l’autre sur l’analyse et le traitement des données professionnelles.

Comment la formation pourrait évoluer et permettre aux étudiant.e.s d’être acteurs/trices au sein d’un processus de recherche et de se préparer à leur futur, au sein d’un service de soin ou dans le cadre d’une poursuite d’étude ?

Quelles qu’elles soient, les poursuites d’étude doivent nous conduire à revoir notre positionnement vis-à-vis de la recherche et du rôle des infirmiers dans les services de soins;

Cet axe permettra également de repenser la professionnalisation des étudiants, avec notamment, des questionnements autour de l’installation en libéral.

Par qui ?

Il y aura trois grands acteurs dans ces états généraux :

  • Les premiers, et les plus nombreux, seront les étudiant.e.s en soins infirmiers de toute la France
  • Les deuxièmes seront les acteurs/trices de la formation, c’est-à-dire, les équipes de direction des CHU, les cadres supérieur.e.s, les cadres formateurs, qui rassemblé.e.s créeront un groupe de travail qui aura pour but de cadrer et donner un avis expert sur les thématiques proposées.
  • Le dernier est la FNESI, qui va coordonner l’organisation de ces Etats Généraux au niveau local puis centraliser les informations afin de créer une contribution exprimant les choix des ESI de France sur la formation et la profession. Ainsi la fédération, en portant la voix d’un grand nombre d’ESI, pourra émettre des positions sur l’amélioration de la formation et de l’arrêté du 31 juillet 2009.

Pour mettre en place les EG dans ton IFSI, rien de plus simple, tu peux organiser tes propres rencontres entre étudiant.e.s afin de collecter les avis de tes collègues. De plus, si une association étudiante est rattachée à ton IFSI alors tu peux passer par elle pour mettre en place les regroupements.

Le temps de concertation importe peu, le but étant de réfléchir, de débattre et de se questionner. Pour ca, il existe plusieurs méthodes : cafés débat, afterworks réflexifs, ou encore juste une discussion lors d’une pause repas. Dans tous les cas, que tu sois matinal.e ou non, que tu sois en stage ou en cours, seul.e devant ton ordinateur ou bien entouré.e, il existe forcément un moyen de nous donner ton avis.

Si tu veux vraiment mettre en place les EG dans ton IFSI et ainsi participer à l’amélioration de ta formation, la FNESI peut te procurer un Kit “mise en place des états généraux”, et tu peux bien évidement nous contacter à l’adresse etatsgeneraux@fnesi.org !

Si tu es vraiment intéressé.e pour faire bouger les choses et que tu veux mobiliser les étudiant.e.s autour de toi, alors deviens un.e “leader régional” des EG. Ton but sera alors de motiver les étudiant.e.s de ton IFSI ou de ta région, a donné leur avis. Pour ça, tu seras en lien  avec les membres du Bureau National, afin qu’ils/elles puissent répondre rapidement à tes questions et te conseillent dans tes démarches.

Note que les leaders régionaux ne sont pas forcément des personnes mais peuvent également être des associations.

Si tu veux en faire partie, envoie-nous un courriel à etatsgeneraux@fnesi.org !

Et ensuite ?

Le lancement des Etats Généraux a été effectué au Congrès National à Lyon, et le processus va se dérouler durant une année. Les pistes de réflexion composant les axes de réflexion sont amenées à être modifiées entre le congrès et les universités d’été, en fonction des informations recueillies. Le nut restant l’élaboration de notre contribution, tou.te.s ensemble.  

Vous l’aurez compris, c’est l’occasion de donner son avis sur notre profession et la formation de demain.

Engageons nous aujourd’hui pour modifier notre formation et donc notre métier de demain !

Étudiant.e.s, à nous la parole !

Benjamin GILBERT, vice-Président en charge des Partenariats

Justine PEGUET-REVUZ, vice-Présidente en charge de la Démocratie Étudiante

Julie TROLLIET, vice-Présidente en Charge des Publications – Attachée de Presse

Le Dialogue Structuré “part du postulat que l’implication des citoyens et de la société civile dans l’action publique permet d’en renforcer l’adaptation à la réalité, l’intelligibilité et d’éviter tout conflit ultérieur. Cette méthode a été « institutionnalisée » au niveau européen, principalement dans le domaine de la jeunesse, mais est transférable à tout niveau et pour toutes les thématiques.
LES PREMIERS ETATS GÉNÉRAUX de la FNESI : Repenser la formation initiale au regard des évolutions de la profession
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