Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers

L'association représentative des 90 000 étudiant.e.s en soins infirmiers de France

Les applications mobiles et le numérique

A l’heure où les intervenant.e.s sont de plus en plus rares et où certains contenus d’enseignement doivent être élaborés et dispensés par des personnes justifiant de la science médicale, les IFSI n’ont eu d’autre choix que de se tourner vers les outils du moment en intégrant le numérique dans la formation. Cette démarche est renforcée par un fonctionnement actuel de société où l’on tend à développer toujours plus le lien entre les humains et le web, en le rendant accessible partout, à tout moment et sur des supports toujours plus variés.

Aire du numérique

Les différentes formes et plateformes

L’emploi du numérique au sein des IFSI peut prendre différentes formes : cours enregistrés, diaporamas, tests ou outils d’autoévaluation, compléments d’information. Diversifiées, elles peuvent être tant sérieuses que ludiques.

Ces apports peuvent être des prérequis pour travailler les TD mais aussi des supports faisant office de récapitulatif des cours magistraux dispensés en présentiel, voir être le contenu entier d’une unité d’enseignement.

Ces méthodes de travail par outils numériques sont appelées e-learning. Il est dispensé via des plateformes telles que Learneos, Rosetta Stone, Chamilo, MyKomunoté… Lorsqu’elle est adaptée, son utilisation permet d’améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant d’une part l’accès des ressources et des services, d’autre part les échanges et la collaboration à distance. Elle permet aussi l’uniformisation des apports théoriques entre IFSI d’une même université.

Néanmoins, lorsque l’on aborde le e-learning, il est nécessaire de bien distinguer la notion de dématérialisation et de désacralisation. Dans le premier cas, le/la formateur/trice, bien qu’absent.e physiquement, ne s’efface pas entièrement. Pour autant, c’est à l’étudiant.e que revient la responsabilité de l’apprentissage. Il doit développer son autonomie afin de s’approprier les concepts développés par le/la formateur/trice.  

A contrario, dans le cadre de la désacralisation, le/la formateur/trice se positionne en tant qu’accompagnateur/trice de l’étudiant.e afin de parfaire son acquisition de savoirs et de connaissances. Ce n’est pas lui/elle qui possède les savoirs, mais il/elle aide à leur accès en les remobilisant, par exemple.

Disparité régionale et retours des étudiant.e.s

Le point fort du e-learning est qu’il permet à l’étudiant.e d’être autonome dans son travail, en choisissant le rythme auquel il/elle apprend ses cours. Il est possible d’adapter ses apprentissages car ces enseignements ne sont pas sous le joug d’une obligation de présence. De plus, du fait de la diversité des supports mis à disposition, un approfondissement des connaissances est possible et facilité.

Autre aspect important est qu’il permet une auto-évaluation en ligne par le biais de tests mis au point par les formateurs/trices et la correction est immédiate. Le réajustement de sa méthode d’apprentissage est donc plus rapide.

Une autre facette du e-learning est la mise en commun des cours par les étudiant.e.s sur une plateforme avec un accès limité aux personnes concernées, type ENT (Espace Numérique de Travail): Cela favorise l’entraide et l’efficacité.

On peut aussi, selon les formats, lui trouver un certain aspect ludique permettant de dynamiser un cours.

Enfin, l’apprentissage par e-learning permet surtout une harmonisation des cours au sein d’une même université. L’intégration universitaire exige que certains cours théoriques soient dispensés par des universitaires, et ce, dans tous les IFSI. Or, pour une question de disponibilité, il est rarement possible que tous ces cours puissent être faits en présence dudit universitaire. Les cours étant proposés via une plateforme internet, il n’est plus nécessaire d’étudier au sein de l’IFSI du CHU (ou du CH) de référence pour pouvoir accéder aux apports universitaires, car on n’est plus soumis à la présence et à la disponibilité du/de la maître de conférence.

Pour autant, cette méthode d’apport de savoirs présente aussi son lot d’écueils.

Le premier point noir rapporté par les étudiant.e.s est l’aspect extrêmement chronophage du e-learning. Il est très souvent noté qu’un cours enregistré prévu sur un temps équivalent à un cours magistral est en fait beaucoup plus dense et nécessite de s’y attarder bien plus longtemps. Il y a un décalage et un manque de cohérence entre le temps estimé et le temps réellement passé sur ces enseignements dématérialisés.

Un autre inconvénient notable est l’isolement des étudiant.e.s. Outre le fait de devoir apprendre ses cours seul.e face à son ordinateur, le principal problème est de se retrouver dans l’incapacité à poser des questions en l’absence d’un.e formateur/trice. C’est pourquoi il n’est aucunement souhaitable de voir des cours dispensés sur une plateforme sans possibilité de remobilisation des connaissances a posteriori ni même sans possibilité de pouvoir joindre l’auteur du contenu proposé par mail ou par un système de foire aux questions.

De plus, le e-learning doit être adapté à la population qui va s’en saisir, mais aussi à l’unité d’enseignement dont il traite. Il parait peu judicieux, par exemple, de dispenser des cours d’anglais, une langue vivante, uniquement via internet, sans interactions possibles avec une personne physique.

D’autre part, lors de sa mise en place, le e-learning coûte cher et nécessite des mises à jour de contenu régulières, mais aussi de la plateforme ce qui nécessite de la part des étudiant.e.s une constante réadaptation. Ceci est majoré lorsque l’étudiant.e se retrouve confronté.e à plusieurs plateformes numériques différentes. Il n’est pas absurde de soulever que face à un nombre important de supports différents, leur attrait s’en retrouve diminué, quand ce n’est pas tout simplement l’étudiant.e qui se noie sous la masse d’informations et qui, de ce fait, tendra à limiter l’utilisation du e-learning.

Enfin, de par la multitude de profils très différents rencontrés dans notre formation, la culture numérique est très variable et le e-learning n’est pas forcément accessible à tou.te.s ; de part l’accessibilité de son contenu à un.e personne peu habituée à l’utilisation des supports numériques, mais aussi par l’investissement que peut représenter un ordinateur.

Si l’enseignement numérique présente donc ses avantages et ses inconvénients lorsqu’il est formel et institutionnalisé, il est aussi possible de se le réapproprier et d’aller à la recherche des informations qui vous intéressent. C’est pourquoi il nous semblait judicieux de vous proposer un choix d’applications disponibles sur smartphones vous permettant de compléter vos connaissances, de vous aider lors des stages, des révisions, voir même de votre travail de fin d’études. Nous les avons voulues diverses et abordant le plus de sujets relatifs à la formation possible.

Les applications utiles aux ESI

Anatomie : “Organs 3D”

Les +: Cette application permet une visualisation générale des organes tout en donnant la possibilité de les individualiser. Elle donne la possibilité de passer de l’anatomie féminine à masculine. Le système 3D permet de visualiser les organes sous différents angles et de manière éclatée. L’application propose des définitions mettant en lien l’organe et le système auquel il est rattaché.

Les – : Cependant, l’application est centrée sur les organes et systèmes. Les muscles et la structures osseuses ne sont donc pas identifiés.

 

Calcul de dose : “Calcul de dose infirmière”

Les + : Cet outil simple d’utilisation permet d’obtenir un résultat de calcul de doses précis de manière rapide. Ainsi le risque d’erreur est minimisé, d’autant que toutes les étapes du calcul sont détaillées. Les résultats sont donnés suivant différentes formes (gouttes ou millilitres par seconde.s, minute.s ou heure.s)

Les – : Il est nécessaire de connaître la dose en militres des drogues utilisées. L’application fait le choix de privilégier l’efficacité au design.

 

Soins infirmiers : Fiches IDE

Les + : Cette application propose des fiches reprenant de manière générale les différentes thématiques abordées  pendant la formation. Les cours simples permettent une bonne remobilisation des connaissances. Les fiches d’anatomies sont pratiques pour des révisions et le vocabulaire de sources fiables est pointu et bien défini. Petit plus, elle est utile à la construction d’objectifs de stages et peut être intéressante pour le TFE.

Les – : Cette application payante présente quelques bémols. Il manque des sources sur certaines fiches, les normes biologiques ne sont pas complètes tout comme certains cours qui manquent de contenu.

 

Pathologies : “Klepios”

Les + : Les pathologies sont classées par spécialités médicales et sont présentées sous forme de fiches récapitulatives, rendant l’ensemble clair, synthétique et organisé tout en restant très complet. L’application étant à destination des formations médicales et paramédicales, les informations sont pointues. Elle est de ce fait très utile afin de préparer un stage mais moins adaptée aux révisions de partiels.

Les – : L’application ne peut s’utiliser sans connexion internet et les affichages publicitaires sont gênants.

 

Pansements :  “e-Pansement”

Les + : Extrêmement riche, elle reprend les différents types de plaies en les explicitant de façon claire, concise et complète. Il en va de même pour les dispositifs médicaux qui sont présentés par catégories, puis repris un par un, avec les références de chaque laboratoire. Leurs indications et contre-indications sont précisées. L’application propose aussi une newsletter, nous tenant au courant des actualités relatives aux plaies. Très bon point, l’application met à disposition des guides pratiques conséquents permettant une amélioration de notre prise en soin de plaies et qui sauront ravir les personnes rédigeant leur TFE autour de cette thématique.

Les – : La partie “Dossiers” semble n’être accessible qu’aux professionnel.les de santé. En outre, cette application ne permet pas de choisir le pansement adapté à une plaie à laquelle on pourrait être confronté.e.

Cela peut être pallié par l’application “Pansements” qui, même si elle est loin d’être aussi complète, propose néanmoins des conseils sur les pansements les plus adaptés en fonction des caractéristiques de la plaie rencontrée, tout en indiquant des conseils d’utilisation.

 

Douleur :  Livret Douleur AP-HP

Les + : Large choix de thèmes traitant de la douleur au sein d’une application claire et organisée, permettant de facilement trouver l’information qui nous intéresse. Le contenu est vraiment riche et aborde de nombreux types de douleurs (neuropathiques, ostéo-articulaires non cancéreuses, liées aux soins,… mais aussi celles de l’enfant, de la personne âgée ou souffrant de pathologie psychiatrique). Elle aborde la surveillance de patients sous opioïdes forts mais aussi les prises en soin de douleurs par des techniques non-médicamenteuses. Les textes relatifs aux antalgiques sont accessibles et la bibliographie sur laquelle s’appuie l’application est bien mise en évidence.

Les – : Étant destinée à l’ensemble des corps médicaux et paramédicaux, les informations sortent parfois des apports vus en IFSI.

 

Traitement : 360 medics

Les + : Les newsletters qui proposent de manières régulières des articles sur la thématique du soins et de la vie de soignant à l’hôpital, suite à la recherche, les traitements sont proposés suivant différentes formes et posologies, la recherche fonctionne avec les génériques, tous les éléments en lien avec le médicaments sont détaillés (indications, mises en gardes, …), les mises à jour sont faites régulièrement..  La classification des différents éléments en lien avec le médicament permet de cibler la recherche et de ne pas être envahit par les informations

Les – : L’application étant à destination de l’ensemble du personnel médical et paramédical les informations sont larges et complètes.

 

Urgences : Croix Rouge 

Les + : Cette application se divise suivant plusieurs thématiques rapidement identifiable: apprentissage, préparation et situation d’urgence.

La section urgence propose une feuille de route à suivre afin de gérer au mieux de nombreuses situations d’urgence.

Les – : L’appel au 15 ou au 18 directement par l’application n’est pas assez mis en évidence. De plus, il aurait été intéressant de recenser les défibrillateurs qui se trouvent à proximité. Ce manque est pallié par l’application Staying Alive.

 

Anglais : Medi-Lexico – Soins infirmiers

Les + : Ce dictionnaire est organisé par thématiques suivant les différents systèmes d’organes. le vocabulaire est ensuite classifié suivant différentes catégories telle que l’équipement, l’anatomie ou encore les pathologies. L’application propose une oralisation des termes et permet ainsi une bonne prononciation des termes.

Les – : L’application est centré sur le vocabulaire médical, il faut avoir des bases en anglais pour pouvoir construire ses phrases. Pour d’autres langues que l’anglais, il faudra cependant se tourner vers une autre application.


Justine MARCHAND, membre de la Commission Spécialisée Publications

Sophie ROUCHER, chargée des Editions

Ilan PAVIA, membre de la Commission Spécialisée Publications

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