Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers

L'association représentative des 90 000 étudiant.e.s en soins infirmiers de France

La fin du Régime de Sécurité Sociale étudiante, un progrès dans la lutte contre la précarité étudiante

[Historiquement, le Régime de Sécurité Sociale étudiant.ee (RSSE) a été créé dans le but de servir les étudiant.e.s pour répondre à leurs besoins de santé. Pour autant, de nombreux soucis inhérents à ce régime ont longtemps impacté les étudiant.e.s, freinant leur accès aux soins.]

A l’entrée dans l’enseignement supérieur, il est demandé aux étudiant.e.s  de choisir une sécurité sociale étudiant.e parmi les deux existantes. Dans les deux cas, une cotisation annuelle de 217€ est nécessaire :

  •  La Mutuelle Des étudiant.es (LMDE), mutuelle nationale.
  • Le réseau Emévia, issue du privé et rassemblant 11 mutuelles de proximité.

Malheureusement, de nombreux dysfonctionnement ont été mis en évidence.
Au-delà d’une augmentation du coût de la cotisation au fil des années (215€ à la rentrée 2016), ce système de santé ne fait qu’entretenir la précarité existante au sein de la population estudiantine. Alors que les usagers devraient bénéficier du même taux et délai de remboursement qu’un.e assuré.e rattaché.e au régime général, ceux-ci se font attendre (comptez environ 3 mois) amenant les étudiant.e.s à renoncer à certains soins pour des raisons financières  (30,3 % des étudiant.e.s déclarent avoir déjà renoncé à voir un médecin et ils/elles sont 37,6% concerné.e.s parmi les étudiant.e.s en soins infirmiers).

Ces délais d’attente s’expliquent par le fait que les étudiant.e.s, avant d’être adressé.e.s à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, doivent en priorité s’adresser à leur sécurité sociale étudiante. Les remboursements, quant à eux, s’effectuent dans le sens inverse. Ainsi, en comparaison avec une personne rattachée au régime général, les étudiant.e.s se retrouvent avec un interlocuteur supplémentaire, ce qui ralentit le processus.

Conscient de ces problématiques, le premier ministre a annoncé le 30 octobre dernier la suppression de ce RSSE, entrant dans le cadre du projet “Plan étudiant.e” (voir l’article “Le plan étudiant.e, qu’est-ce que c’est ?”) mené par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et mis en place dès la rentrée 2018.

A la prochaine rentrée, les jeunes bachelier.e.s entrant dans l’enseignement supérieur seront désormais rattaché.e.s directement au régime général de par la contribution de vie étudiant.e. Pour les étudiant.e.s qui suivent déjà une formation dans l’enseignement supérieur, ce changement sera effectif à la rentrée 2019.
Les frais de santé seront ainsi pris en charge à l’identique des personnes actives, entraînant la suppression des délais d’attente de remboursement pour les étudiant.e.s ainsi que la fin de la cotisation de 217€.

Pour finir, dans le volet concernant les conditions d’études, il a été annoncé que le coût de la rentrée serait diminué, que 60 000 logements étudiants seraient créés pour la rentrée 2020 ou encore que les premières bourses seraient versées en août afin de faciliter la rentrée 2018 !

Et pour les ESI?

Ces avancées sont notables et importantes pour la qualité de vie et l’accès aux services de santé des étudiant.e.s en soins infirmiers qui, jusqu’à présent, rencontraient des difficultés à accéder aux différents services universitaires alors même qu’ils/elles payaient les multiples cotisations nécessaires.

D’un point de vue financier, alors que les frais universitaires s’élevaient à 401€, en plus des dépenses liées à la formation, ils seront diminués à une somme globale de 90€.

Cependant, il nous faudra rester vigilant.e.s car nombreux/ses sont ceux/celles qui, de par la délocalisation  de leurs IFSI et des conventions avec les universités, n’ont pas encore accès à ces services. Il va de soi qu’avec le paiement obligatoire de cette cotisation, tou.te.s les étudiant.e.s auront le droit d’accéder aux services universitaires (SUMPPS, SUAPS, BU) et aux avantages que cela procure, quelque soit leur lieu d’études.

Néanmoins, il s’agit d’un pas de plus vers l’intégration universitaire et la reconnaissance des ESI en tant que tel.le.s, un bel avenir en perspective.

Mélina RACHET, Vice-présidente en charge des Affaires Sociales

Sources

La fin du Régime de Sécurité Sociale étudiante, un progrès dans la lutte contre la précarité étudiante
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